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Sortie : Janvier 2012
Label : Warp
Genre : Private joke
Note : 3,5/10
Il est révolu le temps du double CD d'anthologie sorti chez Warp il y a 10 ans. Nous sommes aujourd'hui confrontés à un album de 24 minutes qui, dans nos rangs, a
résonné comme une immense blague : 10 morceaux, 1 seul de plus de 3 minutes... Gonjasufi possédait un premier album rigolo bien que mièvre.
Aujourd'hui, avec MU.ZZ.LE, il provoque un gros bide avec son sketch dégoulinant de morceaux lourdingues et sans aucun intérêt.
On tombe dans le ridicule pseudo-psychédélique, proche d'un Hip-Hop de vieillard à jouer en pleine journée dans les cimetières. C'est noisy et saturé à outrance avec comme seul intérêt de nous
abrutir les oreilles. L'album est un véritable calvaire à haut niveau sonore. Il est formaté avec des morceaux linéaires et conformes n'inspirant rien. Malgré la ressemblance, on est à l'antipode
du chef d’œuvre éponyme de cLOUDDEAD, qui était pour le coup varié, long, avec une ambiance unique dans une structure plus qu'originale. Impossible d'apprécier une boucle pourrie
de quatre mesures se répétant sur deux minutes. Le tout saupoudré d'égosillements artificiels d'un chanteur dépressif et pompant. Gonjasufi devrait se mettre à l'auto-tune, j'en serai ravi.
Il y a une conspiration derrière cet album. Est ce une blague assumée ? Monsieur fait du plagiat sur le manifeste du Abstract Hip-Hop : Endtroducing.... Ainsi, les rythmiques
de Nikels and Dime ressemblent étrangement à celle de Naplam Brain/Scatter Brain de Dj Shadow, tout comme celles de Timeout sont
proches du Mutual Slump composé par le pionnier (et j'en passe, tant le nombre de ressemblance avec Endtroducing..... saute aux yeux). Outrageant encore, Blaksuit
ressemble à un remix de Limit to your love de James Blake. Abus d’interprétations, où peut-être trouverez vous d'autres easter egg dans le disque de
Gonjasufi ? C'est aussi peut-être une simple constatation d'un manque général de créativité, qui pousse les auditeurs à un suicide collectif. Je doute que l'artiste ai écouté son travail
après l'avoir composé. L'expérimentation reste toujours en surface et s'enchaîne alors un zapping de morceaux brouillons, aux mélodies ayant à peine eu le temps de nous dire bonjour.
Résumons-nous, il est impossible de s'emmerder, le temps ne nous laisse même pas ce mérite. Même en tombant dans le piège stéréotypé de l'artiste, à fumer spliff sur spliff en se prenant pour un
jamaïcain, je doute que l'album rehausse en intérêt.
Comment un musicien peut-il mettre au monde un album aussi honteux dans sa forme ? Et cette voix, ce micro, je ne sais pas, égorgez-le, ou mettez-le à la guitare acoustique. Courrez dans vos
maisons de quartier rencontrer les petits beatmaker de demain, au lieu de vous masturber sur les sorties blasées de Warp Records qui ne sont plus que le chat dans la gorge de la musique
électronique.
par Pneu Rouillé