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Mardi 16 février 2010 2 16 /02 /Fév /2010 15:34
Sortie : 8 mars 2010
Label : Warp


Gonjasufi trimbale sa coiffe léonique des rues de Los Angeles au désert Mojave en plein Nevada. Il y a de fortes raisons de penser que ce type a été frappé par la foudre (ou la foi) sur le chemin.
Soyons clairs, il y aurait eu peu de chances que cet album soit chroniqué par nos soins s'il n'avait pas été publié chez Warp. De plus, A Sufi and A Killer est en petite partie produit par une sacrée pointure : Flying Lotus. Mainframe et The Gaslamp Killer interviennent également. De quoi attiser un peu plus notre curiosité, face aux fréquentes et inégales ouvertures indie de Warp.

Ceci est un album foutrement mystique, se situant quelque part entre la soul chamanique et le rock psychédélique. Terriblement roots, le son apparaît parfois volontairement cradingue.
Gonjasufi compense ses carences vocales par une envie et une foi indéfectible en ce qu'il fait.
Rituels sioux, cithare indou, crépitements de vinyle à la broche parsèment cet opus un rien bordelique. Les fans de Flying Lotus reconnaîtront son empreinte unique sur le jubilatoire liquid glitch hop de Ancestors. Avec le très bon Holidays, c'est pratiquement le seul titre où l'électronique fait son apparition.
Sans céder à la tentation convenue de brailler des Jah Ras Tafari ! à tout bout de champ, Gonjasufi égraine sa vision mystique et prophétique de manière habitée. Il lui arrive même parfois de beugler, comme sur She Gone ou SuzieQ, où l'on sent parfois l'influence de formations progressives comme King Crimson. Et oui, rien que ça...
Sur le bon, enlevé mais un rien foutraque Kowboys & Indians, une gitane vient même lâcher sa plainte sans piquer le moindre porte-feuilles.
Seulement voilà, cet album contient également des morceaux moins aboutis et plus dispensables.
On pardonnera facilement à Gonjasufi ces quelques écarts car son côté perché et mystique a quelque chose d'attachant.
Celui qui pose un visage de négus éthiopien sur une pochette psychédélique ne peut foncièrement pas être mauvais.

Un album gentiment bordélique donc, mais qui contient pas mal de bonnes choses. Retranscrire cet album en live pourrait s'avérer être une catastrophe sans nom où s'élever comme un spectacle hypnotique et littéralement habité. L'avenir nous le dira, ou pas, si comme certains adeptes de la théorie du complot le pensent, Gonjasufi ne serait qu'un side project de Sufjan Stevens. Le prénom Sufjan étant contenu dans Gonjasufi. Y a quand même des dingues.
Au milieu des survivalistes du Nevada, on imagine bien un dreadlock se fendre la gueule devant cette idée saugrenue.
                                  http://media.warp.net/images/WARPCD172.jpg
par Ed Loxapac
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