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Mercredi 3 novembre 2010 3 03 /11 /Nov /2010 10:23

Sortie : juillet 2010

Label : Glacial Movements

Genre : Ambient

Note : 8/10

 

Dans Ocean Of Sound, David Toop synthétise finement la musique ambient en ajoutant quelques mots au titre "Ambient music, mondes imaginaires et voix de l’éther". Après lecture d’un tel ouvrage (que je ne peux que vous conseiller), on comprend mieux l’impact de la musique de Brian Eno sur nos songes. Trop peu d’artistes ambient arrivent à jouer subtilement avec le temps, dans l’optique de le stopper pour mieux saisir nos émotions. Bvdub fait partie de ces quelques artistes ayant compris que la musique peut aller bien plus loin que son optique initiale. Depuis quelques années, l’Américain, originaire de San Francisco, sort tranquillement ses productions rencontrant avant tout un succès d’estime (intéressante interview ici). L’an dernier, le maxi To Live avait atteint des sommets, flirtant de très près avec le sublime.

 

La sortie de The Art Of Dying Alone permet de retrouver Brock Van Wey sur la longueur d’un album. Et quand on dit longueur, on pèse nos mots. En effet, Bvdub n’hésite pas à dépasser les 20 minutes par morceau pour mieux étaler sa science de l’étirement sonore. The Art Of Dying Alone se compose de seulement six titres pour 70 minutes de rêveries ouatées et fantasmées.

Bvdub travaille le son de manière très personnelle, donnant l’impression que chaque nappe arrive telle une lente vague avant de disparaître sans même que l’on s’en rende compte. Le résultat est assez déroutant et pourra paraître chiant pour les oreilles non initiées. En effet, les rêves de Bvdub n’ont pas pour but de faire étalage d’une technique hors pair, ici tout est question de lenteur. Les vagues de To Finally Forget It All font ainsi lentement place à une écume persistante et emplissant progressivement la plage. Le coucher de soleil devient éternel à mesure que les nappes se superposent dans un déluge fascinant de volupté.

On sent une tristesse permanente dans les travaux de l’Américain, une tristesse échappant à l’emprise du temps, comme si chaque morceau n’était qu’un prétexte à la contemplation mélancolique. Lorsqu’un piano distribue quelques fines notes sur Nothing From No One, on pense irrémédiablement au romantisme de Debussy (que Toop cite d’ailleurs souvent en tant que précurseur de l’ambient) et la façon d’étirer indéfiniment le temps fait penser aux travaux de l’immense Keith Fullerton Whitman. Cependant, The Art Of Dying Alone pâtit indirectement de ses qualités. Les six titres ont tendances à trop se ressembler et parfois, le disque se fait redondant par manque de remise à plat.

 

The Art Of Dying Alone demeure un album d’ambient capable de provoquer des rêves insondables. Rien que pour cela, on ne peut que s’incliner. Bvdub demeure un artiste rare et précieux dont la musique est bien plus qu’une simple échappatoire.

"Les auditeurs flottent dans cet océan ; les musiciens sont devenus des voyageurs virtuels, les créateurs du théâtre sonique, les émetteurs de tous les signaux reçus de l’autre côté de l’éther." (D. Toop)

 

http://www.tokafi.com/static/2010/07/Bvdub%20Art%20of%20Dying%20Alone.JPG

par B2B

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