Partager l'article ! Beastie Boys - Hot Sauce Committee Part Two: Sortie : mai 2011 Label : EMI Genre : Rap Note : 7 ...
Sortie : mai 2011
Label : EMI
Genre : Rap
Note : 7
Nous ne vous ferons pas l'outrage de vous faire la bio des Beastie Boys. En revanche, l'histoire de ce nouvel album vaut peut-être la peine d'être rappelé. Flashback il y a deux ans. Les trois MC sont en pleine euphorie en promo de leur prochaine livraison, Hot Sauce Committee Part One, annoncé comme plus potache que jamais. Mais un cancer de la gorge est détecté chez MCA et tout s'arrête. Adam Yauch vainc la maladie et plus question de sortir le disque prévu... le trio s'attaque à un deuxième volume que le groupe vient de mettre en ligne en écoute sur son site en réaction aux premières fuites via Internet. Cette sortie avait au préalable été annoncée par un clip de 20 minutes qui permettait de découvrir un premier extrait, Make Some Noise, au milieu d'un délire à leur sauce interprété par une brochette d'habitués d'Hollywood. A noter que la photo en médaillon sur leur site à côté de l'album est un cliché d'eux jouant à la pétanque au Palais Royal à Paris... jusqu'ici tout est normal dans le monde des Beastie.
Nous les avions laissé en 2004 avec un hommage à New York baptisé To The 5 Boroughs, ils reviennent en 2011 avec leur style égotrippé second degré servi par des flows explosifs et des instrus mêlant leurs influences rock, quelques touches électroniques à la Intergalactic et leur grosse énergie traditionnelle. Make Some Noise fait figure de dynamite d'ouverture, rappelant à la fois Fight For Your Right et leur talent derrière leurs instruments. Les guitares sont très présentes tout au long du disque avec un côté moins punk que par le passé même si la saturation hurle toujours autant. Le mélange de riffs ravageurs et de scratchs sur Say It démontre toute leur maîtrise du mélange rock-rap sur lequel leurs beuglements collent parfaitement. Les références à leurs passés vont se succéder, notamment avec les titres Funkey Donkey clin d'oeil à Brass Monkey ou Lee Majors Come Again, diffusé de manière confidentielle en 2009, qui rappelle leur amour pour l'acteur qui a incarné L'Homme qui valait trois milliards et L'Homme qui tombe à pic.
Si les trois MC évoluent ainsi dans leur univers habituel, ils apportent quelques touches d'originalité avec leurs invités. Le MC sans doute le plus loin de leur délire, Nas, fait une apparition sur Too Many Rappers (New Reactionaries Version) dans lequel son flow est presque méconnaissable. Santigold est l'autre invitée de l'album pour un titre reggae, Don't Play No Game That I Can't Win, qui fait un peu figure d'ovni même si le coup de la surprise jamaïcaine nous avait déjà été fait avec le dub de Lee Perry sur Hello Nasty !. Si le groupe s'adapte sans problème à ce nouvel environnement, ce skank enfumé nuit toutefois à l'homogénéité du disque.
Même si rien ne semble jamais très sérieux dans leurs titres, les Beastie arrivent toujours à faire pointer ici ou là une pointe d'engagement, quand ce n'est pas en organisant des concerts de soutien au Tibet, c'est en intitulant le seul extrait instrumental Multilateral Nuclear Disarment. Une étrange respiration funky. Avant cela, ils avaient démontré leur capacité à la jouer plus sombre dans un Long Burn The Fire tendu. Ils perdent toutefois leur sérieux dès l'extrait suivant... Souvent brefs, les morceaux déferlent laissant peu de répit à l'auditeur heureux de retrouver le trio le moins sérieux du rap américain.
Sans vraiment changer, les Beastie se renouvellent avec des instrumentaux toujours aussi prenants, variés tout en restant cohérents (sauf le passage reggae), complétés par une énergie au micro qui ne souffre pas du nombre des années. Le plaisir de les retrouver est intact !
par Tahiti Raph