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Vendredi 21 janvier 2011 5 21 /01 /Jan /2011 17:22

Sortie : 10 janvier 2011

Label : Non Projects

Genre : Electronica, Drone, Neo-classical

Note : 8/10

 

Sous division d'Alpha Pup, Non Projects nous avais gratifié l'année dernière du splendide album d'Asura (chroniqué ici), oeuvre aussi exceptionnelle qu'inétiquetable. Le petit label de L.A. poursuit sa lancée avec le premier long format de Nicholas Morena, dit a.d.l.r. Originaire de Laguna Beach, cet autodidacte prodige a commencé à toucher aux machines à l'âge de 11 ans. Il en a maintenant 22, le même age qu'un certain James Blake (dont le dernier album est chroniqué ici). Preuve que le talent (ou le manque de) n'a que faire du nombre de printemps.

 

La sensibilité novatrice de Foam on the Way of Space-Time... a de puissants effets revigorants. Impossible d'accoler un genre à la musique de Morena. Foam on the Way.. conjugue électronica spatiale, musique radiophonique, ambient, drones modernistes, avec une solide part de jazz et quelques délicates touches de techno. La dimension expérimentale et fougueuse s'exprime de façon tantôt retenue, tantôt explosive. Les différentes sonorités, au timbre souvent organique, explorent un panel infini de variations, et naviguent de façon si aléatoire qu'elles semblent affranchies de tout contrôle. Les éclats d'un saxophone volage sur Tactility of Time respirent le free jazz, et lorsque qu'une basse puissante se dévoile et que l'espace s'emplit de bourdonnements, on nage en plein délire cosmique. Des roulement de batterie, des ballades de piano, des percussions improbables, et de multiples sonorités concrètes se joignent aux fresques électroniques d'a.d.l.r. Alors que ses premières influences sont à aller chercher du côté de Beat Junkies, Morena s'est par la suite nourri des grands de chez Warp, Aphex Twin et Tom Jenkinson en tête, comme de Stockhausen et d'autres compositeurs de musique électroacoustique moderne.

Pièce centrale, The Softest Shade of Purple of a Powdery Hue s'apparente un lit de nappes mélodiques, qu'un beat mat vient compulsivement marteler. L'aura que dégage ce morceau est ahurissante. Aucune piste ne se ressemble de toute façon, au sein de ce féérique album. Si les technoïdes Wisp ou Euclid n'emportent pas forcement ma préférence, la lente redescente de la fin touche au sublime. La basse dubby de Bright Wave s'entoure de pépiements d'oiseaux et de cliquetis cristallins, et The Systems appose un glorieux point final. Un drone continu, de douces notes de guitare, et de longues éraflure synthétiques en font l'un des plus beau morceau du disque.

 

a.d.l.r mérite d'être salué bien bas. Si ses compositions ne feront sans doute pas l'unanimité, pour moi, Non Projects vient de sortir un des meilleurs disques de ce début d'année. Foam on the Way of Space-Time... n'est pas sans points communs avec l'album d'Asura. Ce troisième LP de leur catalogue confirme une ligne directrice de qualité supérieure.  

 

                                                         adlr_foam.jpg

par Manolito

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