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Sortie : 20 avril 2010
Label : Planet Mu
Basé à Philadelphie, le prolifique DJ et producteur Starkey, délivre son deuxième album, Ear Drums And Black Holes. Il avait sorti son premier
disque en 2008, Ephemeral Exibit - attachant quoique un peu irrégulier - qui recelait quelques véritables pépites.
Le son de Starkey mérite bien son appellation de "street bass". Le bonhomme jongle entre dubstep, grime, électro hip-hop, flirtant même avec la ghetto-house ou la Miami bass. Et c’est bien là que
ça devient douteux. Tandis qu’Ephemeral Exibit se limitait à de l’instrumental, puissant et crasseux, Ear Drums.. multiplie les featurings, avec le MC texan Cerebral
Vortex, le grimeur P-Money, Anneka ou encore notre copine Kiki Hitomi (de King Middas Sound).
Si les collaborations féminines aboutissent à des titres assez agréables, on dégringole dans le bien vulgos dès que l’on passe au rap. Starkey se borne à couronner les flows d’éclairs outranciers
de synthétiseurs, et lâche du mauvais blast à la pelle. Plus effarant encore, l’apparition de voix salement vocodées sur Club Games et Alienstyles, qui, couplées au rap, font
encore plus mal à l'estomac. On croirait presque entendre du Kid Cudi. En ce qui concerne les titres instrumentaux, on est trop souvent confronté à
d'aveuglantes lignes de synthés futuristes ou à des gros breaks putassiers qui rivalisent d’indigestion. Dans les quelques meubles à sauver, le single OK Luv qui adopte une démarche plus
propre, où une mélodie attrayante se dégage, portée par un beat net et éclairée de larmes de synthétiseurs. On retiendra également Neck Snap pour son atmosphère sereine, mais qui malgré
tout respire le bling clinquant.
Dommage pour Starkey, ce nouveau jet ne s’avère que très peu concluant. En mettant le "gangsta" à l’honneur, il se perd dans des tréfonds de mauvais goût. Tant pis on repassera. Ou pas.