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Sortie : 16 Janvier 2012
Label : Vlek Records
Genre : Electronica lo-fi
Note : 7/10
Ssaliva est un belge discret. De son vrai nom François Boulanger, il passe son temps à nous glorifier le passé via des comptines
électronica lo-fi pour le moins désuètes. Le résultat est profondément atypique. L’an dernier, le label Leaving Records (très en vu depuis l’éclosion de Julia
Holter) sortait Thought Has Wings (chronique ici), album vendu uniquement en
format cassette et parenthèse lo-fi puisant son essence dans la scène électro-psyché de Los Angeles. Ce premier exercice ressemblait à un enchaînement de vignettes vintage attachantes. S’en est
suivi une collection de morceaux encore plus épurés sur Bandcamp. Ce coup-ci, c’est sur le micro label Vlek que Ssaliva sort son nouveau LP,
RZA.
Une fois de plus, tout est plié en moins de 25 minutes et 8 morceaux. Mais Ssaliva a vieilli et sa musique a gagné en maturité ce qu’elle a perdu en naïveté. Son électronica est désormais plus
travaillée. Mais attention, on retrouve toujours ce côté cheap constant. Ssaliva bosse sur des vieilles boites à rythmes, des machines semblant appartenir à l’ère de la VHS. Le parallèle avec la
bonne vieille cassette vidéo est évident. Sa musique possède un grain suranné, le son est pourri et l’approche demeure très organique. Il est d’ailleurs intéressant de se pencher sur l’univers
visuel entourant ses travaux puisque l’on y retrouve ce goût du montage hasardeux (clip ici).
Ssaliva semble avoir aussi quitter le soleil californien pour se diriger vers la grisaille européenne. L’ambiance générale se fait souvent lourde. Trimensional impose une tension
cinématographique maligne avec son enchevêtrement de deux mélodies et son fond aquatique. On s’y perd avec plaisir. Idem avec Night Landing, insidieux downtempo nocturne taillé pour une
virée en caisse sur un périph’ désert.
Le travail sur le son reste cependant le nerf de la guerre. Impossible d’identifier clairement la moindre sonorité puisque tout semble soudé pour former un magma inoffensif. Les strates sonores
se superposent et les mélodies se font répétitives pour aboutir à une ambiance psychédélique déstabilisante et fragile. Cette instabilité est le point fort de RZA mais aussi sa limite.
En effet, l’absence d’une véritable ossature pourra donner l’impression d’écouter un album léger… alors qu’il n’en est rien.
Agissant tel un Myolastan sur vos conduits auditifs, RZA est un album atypique. On observe, depuis 2 ans, cette étrange scène électro lo-fi psyché sans réellement savoir si l’on tient là
quelque chose de foncièrement intéressant ou s’il s’agit d’un délire de geeks branleurs. Quoi qu’il en soit, la part de nostalgie fait une fois de plus son travail et opère avec finesse sur nos
esprits. En garderons-nous une trace ?
par B2B