Partager l'article ! Sig - Freespeed Sonata: Sortie : février 2010 Label : Makasound Genre : Abstract hip hop Note : 6 Le rap ne cesse d'être u ...
Sortie : février 2010
Label : Makasound
Genre : Abstract hip hop
Note : 6
Le rap ne cesse d'être un terrain d'expérimentation pour les producteurs et les musiciens à la recherche de mélange des genres et de croisements des influences. Pour Sig et sa musique cinématique, les structures de ce style sont autant de contraintes dont il peut se
libérer, autant de pistes pour créer un ensemble nouveau. Après le triple album Free Cinematic Sessions en septembre 2009, le Français a fait voyager ses doigts sur son piano en
différents coins de l'Europe pour composer une "sonate classique-hip hop en quatre mouvements opus 32". Un objet comme on les aime, hors format, inspiré, riche.
Freespeed Sonata est né à Berlin. Est né à Venise. A gagné une batterie et des solos de saxophone en Suisse, une basse à Paris. Puis la voix de Joy Frempong de nouveau à
Berlin. Cette voix que l'on croise au hasard des titres. Ce ton parlé, cette confidence. Nya est son pendant masculin sur deux titres, dont le premier pour lui donner la
réplique. Tout ceci sent la liberté et la maîtrise. Les 28 pièces, entre une et quatre minutes, qui composent les quatre mouvements se succèdent posément, parfois sans coupure.
Il y a ce piano qui sert de fil rouge. Des notes qui racontent l'histoire principale, donnent la couleur, le liant. Les rythmiques viennent par touches variées, encadrant les autres instruments
plus détachés de l'esprit de structure. Ce sont aussi les baguettes de Christophe Calpini qui donnent cet esprit rap. Du rap qui a oublié les principes qui s'y appliquent. On
pense ici en effet à IsWhat?! ou, quand le flow errant de Joy se fait plus chantant, à des
groupes trip hop du passé. Enfin, il y a ces complaintes sortant du sax de Christophe Turchi qui, avec la basse de Marcello Guiliani, sont l'expression free
jazz.
Cette sonate en quatre mouvements fait perdre ses repères à l'auditeur. Ce dernier ne peut se raccrocher à un titre ou un air. Il se laisse bercer, ouvert aux émotions que les compositions
éclairées de Sig transmettent. Car malgré l'improvisation qui semble régner, chacun prend sa place sobrement, ne dépasse pas sur le voisin, pour respecter l'espace ainsi ordonné. De nouveau le
piano solo en interlude. Changement de décor et début d'une nouvelle scène dans laquelle la chanteuse va encore se montrer sous un nouveau jour.
Cet album se révèle un peu plus à chaque écoute. Sans apparaître comme une évidence, il prend de l'épaisseur et s'impose, dans la douceur.
