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Sortie : mars 2010 / février 2010
Label : Matador Records / Bella Union
Genre : Folk
Note : 7 /8
2008 était indéniablement l'année de la pop-folk avec de nombreuses sorties remarquables, telles que celles de The Walkmen, I Am Kloot, Bon Iver
et bien d'autres. Après une année plus calme dans ce style, 2010 pourrait à nouveau être un grand cru avec l'arrivée coup sur coup des nouveaux Midlake et Shearwater. Deux groupes venus du Texas qui ont déjà un passé
discographique intéressant. Mais alors que Midlake semble opérer une montée en puissance dont le sommet pourrait être ce The Courage Of Others, Shearwater conserve une certaine
constance, bien que Rook soit peut-être un cran au dessus.
Ces deux groupes si proches ont toutefois une importante différence : les premiers s'appuient sur des mélodies imparables tandis que les seconds puisent leur force dans l'impressionnante voix de
Jonathan Meiburg, qui prend en concert une dimension encore plus saisissante.
Mais revenons à Midlake, qui n'a pas à rougir du chant de Tim Smith, maîtrisé et d'une chaleur réconfortante tout au long de cet album, et en particulier lorsqu'il la mêle avec
une voix féminine sur Bring Down. Son timbre plus classique permettra de s'attarder d'abord sur les magnifiques arrangements de guitare acoustique, derrière lesquels se cachent de
nombreux autres instruments - vents, cordes, bois - qui embellissent les mélodies en multipliant les couleurs. Avec Small Mountain ou The Horn, même si chacun trouvera son
bonheur à différents moments de cet album d'une rare homogénéité, la barre est placée très haut.

Du côté de Shearwater, nous sommes plus en terrain connu, avec cette voix époustouflante qui vous saisie pour vous emmener où elle veut. Pour l'épauler, il y a des guitares électriques
(Corridors), acoustiques (Meridian), et aussi un piano (Hidden Lakes) qui touche souvent juste. Quelques cordes viennent s'intercaler pour souligner gracieusement
certaines mélodies. Avec ce disque qui contient également bien peu de déchet, on ne peut que leur reprocher de nous resservir une recette que l'on connaît bien, même si elle semble toujours aussi
efficace à l'écoute de titres comme Landscape At Speed ou de Hidden Lakes. Il n'y aurait qu'un seul reproche à leur faire : ce jeu de batterie toujours aussi brutal, qui
gagnerait à jouir de plus de finesse, sur Black Eyes par exemple.

Ces Texans se retrouvent finalement sur deux points : une douce mélancolie qui rend plus belle les jours ensoleillés et plus triste les cieux gris. Leur force est de parler au plus grand nombre
avec une intimité surprenante, un ton sensible qui vous prend aux tripes.
L'autre similitude est leur puissance toute maîtrisée. Les deux groupes savent jouer de manière calme, vous susurrant des paroles au creux de l'oreille, ou envoyer des mélodies explosives pour
vous emporter dans un tourbillon d'émotions. Une tendre furie qui frappe en plein coeur.
Est-il encore nécessaire de dire que ces deux disques sont extrêmement recommandés ?