Partager l'article ! SE - L36: Sortie : avril 2010 Label : Tympanik L'Allemand SE, ou Sebastian Ehmke, nous avait déjà ravi l'a ...
Sortie : avril 2010
Label : Tympanik
L'Allemand SE, ou Sebastian Ehmke, nous avait déjà ravi l'an passé avec son somptueux Epiphora (ici). Il compte désormais, au même titre qu'Access To Arasaka, Lucidstatic, Tapage ou Subheim, parmi les membres les plus passionnants de la sphère Tympanik Audio. Après avoir introduit la glorieuse compilation Emerging Organisms Vol.3 (ici), il revient cette année avec le plus que prometteur L36.
Comme lors de la compilation précédemment citée, le venteux et ténébreux Chrono vient ouvrir cette sculpturale odyssée downtempo. Si on avait déjà constaté des effluves post-rock sur Epiphora, cette approche est cette fois-ci encore plus poussée. Même s'il ne rechigne pas à agresser les beats en les électrisant à l'aide d'un glitch écorcheur, SE met le paquet sur la dimension mélodique. Les synthétiseurs sont omniprésents et prennent parfois une dimension symphonique et orchestrale, aussi bien lorsqu'ils déploient des nappes célestes que lorsqu'ils retaillent les cordes comme on polit une pierre précieuse. La beauté de l'ensemble contraste énormément (un peu trop peut-être) avec la morosité de l'artwork. Même le grave et brouillé Beton, avec son piano triste, recèle pourtant quelques gouttes d'espoir. En aquarelliste de la tristesse ambiante, Ehmke enjolive une grisaille urbaine que connait bien l'Allemagne. Le sommet de cette jolie mélancolie apparaît sûrement sur Strom, où les guitares se payent le luxe de na pas sonner artificielles. Le résultat est à la limite du noise, annonçant des lendemains de foudre et de tonnerre. On aurait bien aimé que le côté post-rock soit un peu plus poussé, mais l'Allemand tient probablement à garder la maîtrise des différents éléments. On a le sentiment qu'à chaque morceau, l'aurore renaît de manière différente. La sensation est assez troublante. Même si on y pressentait un peu plus de violence, F-Sand-036 vient clore ce deuxième opus brillant avant que le génial grec Subheim n'apporte se re-lecture plus sombre du déjà très bon Mimiktry.
Qui a dit que les productions Tympanik n'étaient qu'industrielles et apocalyptiques ? L36 lâche ici quelques grammes de finesse dans un monde de brutes. Si le virage du deuxième album est souvent casse gueule, SE transforme ici l'essai de bien belle manière.
par Ed Loxapac