Dimanche 3 janvier 2010
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Sortie : 8 février 2010
Label : Jarring Effects
Quatre ans après son premier album Duck & Cover, la formation suisse Reverse Engineering revient pour publier un Highly Complex
Machinery - chez les Français de Jarring Effects - qui s'annonce de toute beauté. Alain Decrevel et David Pieffet se partagent le boulot
au laptop tandis que G-Bart triturent ses platines. Accueillant cette fois-ci des collaborateurs de renom, leur nouvel album fait déjà figure d'évènement en ce début d'année 2010.
Résolument hip-hop et électronique, la musique des trois Suisses est littéralement mutante. Évoquant des atmosphères cryogéniques et radioactives, le laboratoire sonore suisse s'est adjoint les
services de Blu Rum 13 (compère de DJ Vadim sur le projet One Self), de M-Sayyid (transfuge d'Antipop Consortium), de la chanteuse Jasmine et de
l'impressionnante MC croate Diyala.
Dès le Highly Complex Machinery introductif, des samples de science-fiction, des scratch froissés et des textures post-industrielles plantent un décor de veille d'apocalypse, célébrant la
victoire des machines sur les pauvres humains.
Outre l'originalité certaine et l'excellence des mélodies infectées, du traitement sci-fi du beat, l'extrême qualité des différents intervenants vocaux apporte une plus-value plus que conséquente.
M-Sayyid n'était pas apparu aussi en forme depuis longtemps. L'immense surprise vient de la MC croate Diyala, qui sur l'exceptionnel World in Reverse, vient lâcher un flow
qui oscille entre irrésistible sensualité et rage fougueuse. Pourtant habituellement pas très friand de flow féminin, je dois bien avouer que cette charmante slave m'a réellement subjugué. Une
artiste dont il faudra régulièrement surveiller la page Myspace...
Même si l'album est absolument excellent dans son ensemble, d'autres morceaux que les pré-cités se singularisent encore un peu plus par leur grande qualité. Les électrisants Socially
Acceptable et Harmosaurus sont de ceux là, tout comme Six Clicks et Miracle That Glows.
L'étrange Fly (avec M-Sayyid), contient des "harmonies" qui rappellent Detroit Grand Pubahs, à la grande époque de Galactic Ass From Uranus.
D'une durée parfaite, ce superbe album prend des allures d'injection mortelle pour l'oreille trop tendre qui s'y risquerait. Les programmateurs de concerts et de festivals devraient se jeter sur
l'agenda de cette formation suisse qui en live, diffuse des visuels à la hauteur de leur excellent son. Voilà en tous cas un disque qui devrait logiquement faire grand bruit.
Logiquement...

par Ed Loxapac