Partager l'article ! Marshall (aka Luigi Rocca) - Voodoo: Sortie : 10 décembre 2009 Label : 303lovers Genre : Techno Note : 5/10 La ...
Sortie : 10 décembre 2009
Label : 303lovers
Genre : Techno
Note : 5/10
La scène chilienne a imposé des sonorités world dans la musique tech-minimal qui fait qu'aujourd'hui, quantité d'arrivistes veulent obtenir leur part du gâteau. Mais n'est pas
Villalobos ou Luciano qui veut. La notion de groove ne naît pas en appuyant aléatoirement sur son labtop. Elle reste indubitablement une question de feeling, de
mouvement impalpable, réservée à la crème des DJ. Quid du Turinois Marshall, auteur avec Voodoo d'un album de tech-house tribale.
Luigi Rocca a longtemps trusté la première place du classement Beatport par la force d'une bombe tribale au kick druggy et aux percus
africaines hypnotiques, Swahili Song. Ce morceau dévastateur a permis à son créateur de se tailler une place en or dans le milieu techno, les meilleurs DJ du monde se mettant à le
playlister.
Swahili Song apparaît logiquement sur Voodoo ainsi que de nombreux maxis antérieurs. Marshall n'aime pas expérimenter, il a besoin d'emprunter des chemins balisés. On se
retrouve donc avec une techno rigoureuse et âpre, sans aucune mélodie. Pas funky pour un sous, on n'est pas là pour se marrer. Le schéma se répète inlassablement : chaque morceau s'installe
lentement avant l'arrivée d'une énorme bassline faisant frétiller les oreilles. Sur Voodoo, rien ne dépasse et c'est bien regrettable.
Mais là ou Marshall se révèle le plus intéressant c'est dans l'esprit world qu'il insuffle à la majorité de ses tracks. Il évite de tomber dans le cliché ethnique pour occidentaux en mal
d'exotisme. Lorsqu'apparaît un break tribal, c'est pour mieux l'annihiler. L'éponyme Voodoo ou l'hypnotique Andale, sans confiner au génie, sont rapidement accrocheurs et
vicieux.
Marshall en profite aussi pour faire participer ses potes et gonfle son album de featurings plus ou moins contestables. Tout au plus peut-on retenir la techno mentale et druggy de Cpm 02
avec Charlie & Peter.
Il manque une moelle épinière à cet album : le groove ! La techno de Marshall est efficace et dure mais oublie les mouvements chaloupés. On est ici dans le domaine de la techno perso, celle ou
l'on fronce les sourcils, on courbe l'échine et on robotise ses mouvements. Certains y trouveront leur compte, les autres passeront leur chemin.