Partager l'article ! Ginormous - The Sound Of Love Impermanent: Sortie : avril 2010 Label : Ant-Zen Tous les deux ans, Ginormous prése ...
Sortie : avril 2010
Label : Ant-Zen
Tous les deux ans, Ginormous présente des albums reflétant ses voyages et ses pensées
aventureuses. Hymen Records et son papa Ant-Zen ont toujours été là pour publier ses splendides essais. Les deux premières
réalisations de celui qui se nomme en réalité Bryan Konietzko ont laissé des traces indélébiles dans l'esprit de ceux qui s'y sont immergés. La richesse du projet réside dans son
originalité et dans sa glorieuse capacité à se renouveler. Ginormous est quelqu'un qui est sans doute incapable de faire dans la redite. A en croire la magnifique photo qui fait office d'artwork,
c'est cette fois-ci au coeur du désert du Nouveau Mexique et en hiver que nous emmène l'insatiable voyageur. Partons vite.
L'Américain a depuis ses débuts fait la rencontre de nombreux artistes, et plus particulièrement la chorégraphe de danse contemporaine Maria
Gillepsie. Ce nouvel opus était à la base conçu pour accompagner le spectacle de cette dernière. On ne doute à aucun instant du résultat tant on constate que la musique de Ginormous a
une dimension picturale indéniable. La mélodie s'érige tel un tableau mouvant, mêlant IDM et compositions classiques modernes. Les cordes sont dotées d'une sensibilité de porcelaine, les synthés
sont quant à eux presque effacés comparés aux albums précédents.
Ceux qui ont l'habitude de me lire me reprochent souvent d'annoncer l'album de l'année toutes les semaines. Même si je le pense ici fortement, je ne vais pas m'y risquer et vais juste simplement dire que ce type est capable d'installer une révolution folktronica. North, Part 1 est le morceau qui motive mon propos. C'est sans doute ce que j'ai entendu de plus beau depuis très longtemps. On se croit spectateur du bon vouloir de dame nature et des éléments, un vent électrique labourant une forêt de sapins bleus pour ne plus laisser place qu'à la plénitude, l'immensité, à perte de vue...
En plus d'être un compositeur et un producteur esthète, Konietzko sait aussi s'entourer d'amis capables de sublimer sa musique. Le chanteur Rohner Segnitz transperce les nuages de cette production céleste pour poser son timbre filtrée sur quatre titres. Même si tout est très beau, on retiendra plus particulièrement ses divines interventions sur Lycanized et le bouleversant A Darkness By Day. Même Deru vient mettre la main à la pâte sur North, Part 2, lui qui est d'habitude plus coutumier de productions abstract hip-hop. Un autre diptyque splendide est accompagné d'un collaborateur : Bryan Landers sur Fallen For Nevers.
Tant de romantisme et de sensibilité dans ce disque qu'on en essuierait presque une larme, comme sur le cristallin et tout en tension Hollow Ashes. Certains trouveront ça et là des effluves de post-rock, d'ambient et même de drone.
La violence des éléments reprend ses inaltérables droits sur le titre qui donne son nom à l'oeuvre, le paysage n'est jamais si beau que quand il est vierge de tout passage. Ceux qui écouteront comprendront... ou pas.
Le label Ant-Zen avait pris l'habitude d'abreuver ses fans de bon goût de productions industrielles ou ambient abruptes et rugueuses. The
Sound Of Love Impermanent déboule comme une bouffée d'air pur. Plus que ça, un disque absolument incontournable pour tout mélomane féru de volupté. Permettez moi également de vous inviter à
contempler les photos prises par l'artiste sur son site officiel (ici).
par Ed Loxapac