Mardi 9 mars 2010
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Sortie : 30 mars 2010
Label : Alphapup
Après un premier album éponyme en 2008, Free The Robots devient un des plus influents membres de la scène californienne en matière de
hip-hop abstrait et underground. The Gaslamp Killer avait participé à l'élaboration d'un morceau sur son premier album. Rapidement remarqué par Flying Lotus, il fait désormais figure
de référence, et cela même s'il officie un peu plus dans l'ombre que ce dernier. Son deuxième opus, Ctrl Alt Delete, devrait nous permettre de mesurer un peu plus l'immense potentiel de ce
jeune beatmaker. Le label et distributeur Alphapup, a lui aussi fait de beaux efforts en réalisant cet artwork magnifique.
Ne vous y trompez pas. Cet album n'est pas la création d'un énième geek féru de textures 8 bit. Aussi à l'aise avec un sampler qu'avec des synthétiseurs, Chris Alfaro puise son inspiration bien au
delà des standards du hip-hop. Amateur de jazz, il a compris très tôt que les machines pouvaient l'aider à dépasser les limites de la composition, surtout en matière de rythme. Qu'il utilise des
boîtes à rythmes, des samples ou des captures plus naturelles, ce type a un don en matière de choix des batteries. Au delà des breakbeats cinglants qu'il utilise avec une maestria certaine, Free
The Robots n'a pas peur du contre temps et fait preuve d'une précision quasi chirurgicale.
Il insère des effluves de dub et de jazz à son hip-hop infecté. Doté d'un potentiel psychédélique évident, il arrive à littéralement hypnotiser l'auditeur.
Même quand il insère des réminiscences world music (Wandering Gypsy ou Turkish Voodoo), il ne cède jamais à la tentation de la facilité.
La première partie de l'opus est absolument excellente mais peut paraître classique à qui observe depuis longtemps la scène liquid ou glitch hop californienne. Classique oui, mais personnelle et
divinement originale.
En milieu d'album vient apparaître le superbe Voices, véritable accalmie aérienne et épurée, témoignant des immenses talents de composition et de l'excellent goût d'Alfaro. Ceux qui
doutaient de l'arsenal technologique employé risquent d'être abasourdi.
Ce qui s'annonçait comme un album exceptionnel s'avère être un coup de maître après les écoutes du dantesque Global Warning et de The Eye. Sur ce dernier, le clavieriste Ikey
Owens, transfuge de The Mars Volta et ami des virevoltants Cristal Antlers, vient faire une chamanique apparition en nous emmenant encore un peu plus loin sur la route du
priapisme sonore.
Le vrillé et délicieusement inquiétant Inter Arma vient clore ce qui fut pour moi bien plus qu'une déflagration sonique, une véritable révélation. Je me délecte de ces visions de robots
gambadant au milieu de volutes acides...
Depuis ses débuts, Chroniques Electroniques s'est fait un devoir de mettre un coup de projecteur sur les défricheurs méconnus du hip-hop. Nos lecteurs assidus se souviendront peut-être de nos
lignes à propos des albums de Lukid, Geskia, Dorian Concept, Nosaj Thing et Flying Lotus.
Pour tous ceux-là et pour les autres, Ctrl Alt Delete se doit d'être un must have absolu, où rien n'est à jeter. A bon entendeur, salut.

par Ed Loxapac