Samedi 26 décembre 2009
6
26
/12
/Déc
/2009
16:27
Sortie : 8 décembre 2009
Label : Tympanik Audio
Jamie Blacker n'est pas un inconnu pour tout le monde. Ceux qui ont bien connu le regretté label Hive Records savent de quoi je parle. Ses deux premiers albums étaient parus
en 2006 et 2008 sur cette énième crémerie à avoir fermé ses portes bien trop tôt. En 2008, il signe son premier album pour Tympanik, l'excellent The Sea
And The Silence. The Immaculate Manipulation est une compilation de remixs de ce même album, concoctés par des pointures du genre. On y trouve également un morceau inédit, le
renversant I Am The Filth, et une collaboration avec Intoner.
ESA, ou Electronik Substance Abuse, est un artiste inclassable. Défrichant depuis ses débuts les nombreux genres du patrimoine
électronique avec fougue et assurance, il s'est cette fois-ci adjoint les services d'artistes aussi divers que ses influences pour se livrer à cette immaculée manipulation. Rythmic noise, trance,
industriel, hardtek, EBM, breakbeat, ambient... il y en a pour tous les goûts.
Des morceaux phares comme Your Anger Is A Gift, It's Hard To Sleep In Hell ou The Sea and The Silence s'offrent donc une nouvelle beauté bionique et infectée.
La première partie du disque est assez grasse, violente et martiale, surfant parfois sur les ossements d'un big beat heureusement enterré depuis plus de dix ans. Ceci ravira plus que probablement
les fans de gros sons lourds, dignes de raves claustrophobiques dans des entrepôts suintant la sueur de tous leurs pores.
On préférera à ces derniers les manipulations venant d'artistes bien connus chez Tympanik comme Stendeck ou Access To Arasaka. Ce dernier s'offre ici un nouveau tour de force après
son monumental Oppidan (chroniqué ici). Tasting Snails, revisité par Marching Dynamics,
vaut lui aussi son pesant de noix de pécan.
Cette galette se révèle assez physique dans l'écoute sans être rébarbative. Les amateurs d'électronica et d'IDM préféreront sûrement sa glorieuse seconde partie. Ceux qui ne pourraient se procurer
ce disque dans sa version physique peuvent se rattraper avec une version différente en digital. Voici donc un disque bon sans être exceptionnel, qui donne en tous cas envie d'entendre reparler très
prochainement d'ESA.

par Ed Loxapac