Vendredi 29 janvier 2010
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Sortie : décembre 2009
Label : Sounds Around Records
Le Parisien Thomas Prigent a réuni autour de son projet Elastik des artistes et des poètes, qui côtoient pour certains depuis un bon moment la
scène underground française. Ce premier album assez conceptuel sort sur le label Sounds Around Records.
Metalik porte bien son nom, cet album apparaît aussi froid que la pose d'un bout de métal sur l'épiderme de celui qui l'écoute. Une froideur pas péjorative, un peu comme si la musique nous
injectait une solution nous faisant basculer entre deux états. Elastik a donc un sacré talent pour retranscrire des ambiances et des atmosphères évocatrices.
Prigent met donc ses talents de compositeur au service de poètes pas encore complètement désabusés. Les mélodies oscillent entre aspect électronique, dark-wave et industriel. Sombre et lugubre, sa
musique semble parfois empreinte d'un sens de l'esthétisme proche du mouvement gothique.
Il y a en tous cas un gros travail de studio derrière cet album plus qu'original.
Du côté des intervenants, on note la présence de Black Sifichi, Cheval Blanc, Horror 404 et Malika.
C'est Black Sifichi qui ouvre ce bal macabre sur Magnetik, lâchant un débit venu d'outre tombe sur une mélodie glaciale et incisive.
Cheval Blanc intervient ensuite sur le très bon Mecanik. Ce dernier affiche un flow et des textes assez jubilatoires, digne d'un excentrique habité. On pense un peu à un clochard
illuminé, parcourant de nuit des rues sombres pour refaire le monde avec de la bière bon marché.
En plus du grand talent de Thomas Prigent, surgit un être écorché vif et intriguant : la mystérieuse Horror 404. La dame éclabousse de son cynisme
réaliste et de sa splendide rage contenue les notes de l'excellent Clinik, de l'inquiétant Panik et de Cyclik où elle est bien servie par un texte signé Arno
Mothra. Il y a des artistes comme ça qui nous aimantent littéralement vers eux sans qu'on sache dire pourquoi.
On aimerait dire autant de bien de Malika, mais son chant poussif, pas toujours juste et à la limite du caricatural sur Trafik dessert des mélodies élastiques pleines de
rebondissements (Kronik, Amnesik) qui mettaient pourtant ses attaques en valeur. De plus, ce chant déjà entendu vient rompre avec le côté spoken word ou dub poet des artistes
précédemment cités. Plus que dommage.
Même quand nul n'intervient, on se laisse envelopper dans les enveloppes sombres du très bon Atmospherik, mais surtout de l'excellent et dramatique Koma de clôture.
On pense parfois à un son un peu marqué Jarring Effects, avec de temps en temps des ressemblances plus particulières avec le traitement d'Ez3kiel.
Après des écoutes répétées, attentives et habitées, on a simplement envie de déclarer notre profond respect à Elastik pour ce projet original, dangereux mais très réussi. Ceux qui souhaiteraient en
savoir plus sur les somptueux textes plein de poésies et de métaphores se rendront sur le site officiel de l'auteur. Ils pourront aussi acquérir cet objet pour une somme assez modique. Je souhaite
pour ma part secrètement émettre une déclaration d'amour abrasif à Horror 404, dont le timbre et les mots n'ont pas fini de me hanter.
par Ed Loxapac