Partager l'article ! DyE - Taki 183: Sortie : 27 juin 2011 Label : Tigersushi Genre : Electro 80’s, electro-pop, shoeg ...
Sortie : 27 juin 2011
Label : Tigersushi
Genre : Electro 80’s, electro-pop, shoegaze
Note : 5/10
Les fans de culture hip-hop connaissent l’histoire par cœur. En 1971, New York se couvre de tags, le métro devient le symbole mouvant d’une culture émergeante refusant l’immobilisme. Taki 183 est le premier a posé son blaze partout où il passe. La légende prend forme, le New York Times s’empare du phénomène et la photographe Martha Cooper se charge d’immortaliser ce nouvel art. Taki 183 devient alors un mythe, les graffeurs d’aujourd’hui n’en finissant plus de citer celui-ci comme référence suprème.
Partir d’une telle référence est plus que risqué de la part de DyE, étalon de la scène électronique parisienne. Juan de Guillebon est en effet bassiste de Joakim and The Disco, Bot’Ox mais aussi Maestro. Ce n’est donc pas étonnant de retrouver la sortie de Taki 183, son premier album solo, au sein de l’écurie Tigersushi, mené par l’inspiré Joakim.
L’an dernier déjà, la compilation scellant les 10 ans du label avait permis d’étaler le potentiel de DyE grâce à un Nike solaire. Il aura fallu attendre plus d’un an pour pouvoir écouter ce foutu premier LP. Et chose étonnante que de constater que le morceau le plus récent n’est autre que ce Nike. Bon, ne faisons pas la fine bouche après tout d’autant que le deuxième morceau tient lui aussi le haut du pavé. Fantasy est une vibrante réussite d’électro-pop aérienne, le type même de morceau taillé pour une ballade sur le périph', en mode diurne puisqu’on trouve sa réponse nocturne avec Hole In Ocean.
Mais en dehors de cela, il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent. DyE lorgne maladroitement vers l’esthétique teenager de M83 en poussant le bouchon de l’émotivité un peu trop loin. Mattias & Charlotte (dont le titre ressemble justement à s’y méprendre à une track de M83), par exemple, n’arrive jamais à échapper à son emprise adolescente trop prégnante. On est aussi épuisé par l’électro fatigante du morceau Taki 183 avec cette voix stridente de R2D2. Les intentions étaient louables mais le résultat ne suit malheureusement que trop rarement.
Taki 183 est un album résolument marqué par les 80’s, parfois pour le meilleur mais souvent pour l’insignifiant. DyE ne rate pas totalement son premier exercice en solitaire, on reste seulement circonspect devant cet album certes sincère mais trop bancal pour marquer les esprits.
par B2B