Partager l'article ! Dominik Eulberg - Diorama: Sortie : 25 avril 2011 Label : Traum Genre : Techno luxuriante Note : 8/10 ...
Sortie : 25 avril 2011
Label : Traum
Genre : Techno luxuriante
Note : 8/10
Artiste techno injustement mésestimé, Dominik Eulberg est pourtant un compositeur pointilleux dont chaque sortie est souvent unanimement encensée. Pour preuve son excellent dernier album en date, Heimische Gefilde. Il faut bien avouer que le p’tit père semble n’en avoir rien à foutre du succès et de son lot d’emmerdes qui s’en suit. Dominik préfère ganbader dans la rosée matinale de sa campagne teutonne, tel un hippie des temps modernes. D’ailleurs, quand il n’adopte pas la posture du geek derrières ses machines, il fait office de guide en forêt via sa formation naturaliste. Faut bien avouer que sur un CV, c’est loin d’être glamour pour un mec dont la musique semble pourtant carburer aux psychotropes. Pour Diorama, son 4e album, Dominik s’est une nouvelle fois rapproché de la nature via le magazine allemand NABU.
Passons sur l’optique bio de l’album pour nous concentrer uniquement sur la musique. Diorama est une cinglante réussite, un album de techno finement agencé pour un résultat en tout point exemplaire. Dominik Eulberg est un orfèvre de la techno, on sent que la moindre sonorité est dûment réfléchie. Il en ressort une humanisation poignante permettant ainsi de complètement happer l’auditeur. Pour cela, Dominik ne lésine pas sur la profondeur des basses et sur des nappes amples et confortables. L’ensemble semble ainsi caoutchouteux et on se prend à fermer les yeux en s’imaginant rebondir sur un matelas de mousse végétale.
En y insufflant une fine touche d’IDM et en évitant de rester statique, Diorama est à l’image de la passion première de Dominik, les petites plantes vertes. Tout semble en mouvement, chaque morceau se déploie spontanément avec une rare évidence. C’est con à dire, mais oui, Diorama est un album naturaliste. Mais alors qu’on aurait pu tomber dans l’exercice de style pour bobos adhérents à l’Amap, on erre dans un monde à mi-chemin entre la mélancolie et l’imparable.
Irrémédiablement, Diorama fait penser aux récents travaux de Pantha Du Prince. Notamment lors d’un Wenn Es Perlen Regnet tout en fines ondulations parcourues par des petites clochettes enfantines. On reconnaît aussi l’identité sonore d’Alex Smoke lors de premiers morceaux organiques, notamment un Teddy Tausendtod aux sonorités vicelardes n’épargnant ainsi pas les danseurs récalcitrants. Et quand Dominik Eulberg joue avec nos nerfs sur H2O via un conditionnement initial nuancé avant un fantastique décollage, on se dit que décidément, ce mec a la classe.
Avec Diorama, Dominik Eulberg confirme le fait qu’il est un artiste talentueux et précieux. En offrant, une nouvelle fois, un album finement travaillé, Dominik démontre que l’on peut rester cohérent en suivant avec rigueur une ligne de conduite, le tout sans se répéter et tomber dans la facilité. Diorama est un album profond et luxuriant qui risque fort de marquer l’année techno 2011.
par B2B