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Dimanche 21 août 2011 7 21 /08 /Août /2011 14:27

Sortie : juillet 2011

Label : Halbsicht Records

Genre : IDM blanche et mélancolique

Note : 8/10

 

Danny Prusseit forme avec Toni Polkowski le duo Atmogat, auteur d'un premier album, Trigger Event (ici), sorti sur Impulsive Art. En 2007, le Berlinois éprouve l'envie de développer l'aspect émotionnel de ses sons et ainsi de composer seul. De son projet solo, DNN, aboutit un premier et très bon album, Try To Fell, que produit Halbsicht Records. A ce label allemand, nous devons entre autres certains travaux des excellents Mnemonic (aujourd'hui séparés et dont le dernier album est chroniqué ici). Outre un EP réalisé ensemble, notre homme et le duo ont certains traits communs. Ethéré et introspectif, le deuxième essai de DNN, When Things Stop To Move, porte sur le sentiment de perte.

 

Plus âpre qu'un Winterlight (ici), plus désespéré que Known Rebel (ici) et plus sombre que Mnemonic, DNN pourrait pourtant être rapproché des trois, excellant dans ce type d'électronica downtempo où le glitch est roi et l'essence, mélancolique. Danny Prusseit traite de souvenirs qui se dissolvent, des sourires indélébiles et du peu qu'il reste. Les limbes d'ambient flottent entre une torpeur inguérissable et la clarté foudroyante de joies passées. Un piano fugace, des cordes caverneuses accordent aux manipulations minimalistes de DNN une profonde dimension intimiste. Les échos grandissent, le ressac charrie la brulure d'éraflures encore vives, et l'on fini par s'abandonner à la brume épaisse d'un état comateux. Voilà le type d'émotions que dispense When Things Stop To Move. Mais DNN ne décrit pas une fade sinistrose. Sa mise en musique de la ruine personnelle est superbement orchestrée, et l'ambivalence divinement mise en exergue. Le travail rythmique, proche du click'n'cut, s'auréole de bruits blancs. Si DNN ne surcharge point ses morceaux, ne gardant que l'essentiel, le beat, pulsé ou atomisé, a été pensé et sculpté d'une main experte. Sur fond de nappes cryptées, Prusseit trace des ombres noires et blanches dont la substance et la forme dépendront de la sensibilité du récepteur. La dimension graphique et allusive est immense. Des basses lourdes, enveloppantes s'entremêlent à des airs tristes et beaux (Blue Smoke). Des mélodies contemplatives embrassent des flux rythmiques glitchés (Things Which Stay) et le piano, jamais naïf, prend des accents bouleversants. Fading Memories, The Very Thought et With Each Step sont parmi les titres les plus brillants. When Things Stop To Move s'achève sur trois remixes, et non des moindres. La relecture de A Silent Close par Bitcrush donne dans le post-rock. Elle ne me fera pas aimer la voix de Laska, même distillée avec parcimonie, mais cet entrelac de cordes et cette montée vers les sommets sont d'une ardeur époustouflante. Les interventions de Huron puis de SE, spatiale pour l'un, progressive et plus ambient pour l'autre, complètent joliment le disque.

 

DNN signe un très bel album - et quel artwork. When Things Stop To Move prendra toute sa signification lors de froids et solitaires après-midi d'hiver. A recommander (plus particulièrement) aux fans de n5md et d'Abstrakt Reflections.  

 

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par Manolito

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