Partager l'article ! Darkstar - North: Sortie : 18 octobre 2010 Label : Hyperdub Genre : Dubstep mièvre Note : 4/10 ...
Sortie : 18 octobre 2010
Label : Hyperdub
Genre : Dubstep mièvre
Note : 4/10
Le duo Darkstar , composé de James Young et Aiden Whalley, fut révélé l’année dernière par deux tracks qui figuraient dans la compilation 5 Years Of Hyperdub (chroniquée ici). Need You et Aidy’s Girl Is A Computer, aussi mélancoliques qu’acidulés, constituaient de véritables pépites. Leur premier LP North est au bas mot l’album le plus attendu de chez Hyperdub, autant par un milieu électronique que par des sphères pop.
Darkstar avait certainement bien commencé dans le dubstep, suscitant maints espoirs. Mais les choses se sont gâtées avec l’arrivée de James Buttery qui, comme son nom l’indique, pose une voix sirupeuse sur la plupart des morceaux. J’ai beau généralement voir plutôt large en terme d’étiquettes, et bien que ce genre dispose de frontières très floues, objectivement, ce disque répond autant du dubstep que j’officie moi-même comme nonne au Couvent des oiseaux. Des ambiances maussades, des cordes ou un piano larmoyants, et un chant aussi geignard que les caprices d’un mioche de quatre ans, voilà de quoi est faite la synth-pop de Darkstar. Pour une durée d’à peine 40 minutes, l'album sonne incroyablement creux, alors que la production vibre pourtant d’une potentielle qualité. Les rythmiques ont quelque chose de scintillant, les effets d’échos et de profondeur sont légions, et la nostalgie qui suinte des mélodies ne paraît pas, au premier abord, empruntée. Par certains points, North peut même faire penser au récent album de Baths (ici).
Mais il suffit d’une seconde écoute pour que l’écœurement vous submerge. La criante mélancolie que ce disque brandit comme une bannière, semble bien trop chialeuse, plaintive et tapageuse pour être sincère et toucher quoi que ce soit. Un procédé bon à ne récolter qu’une indifférence discrètement agacée. Mais plus encore que l’instrumentation rêveuse et insipide, c’est le chant affecté de Buttery qui décrédibilise sèchement l’ensemble. Il ne reste que les vestiges d’un mélodrame piteux, dont les spectateurs affligés se sont progressivement retirés. Au milieu de ce triste décor, perdure un pilier inaltérable : Aidy’s Girl, qui, sans n’avoir rien perdu de sa superbe, ne parvient pas à relever l'ensemble. S’il l’on voulait vraiment sauver les meubles, on suggèrerait que les versions instrumentales de In The Wings, Two Chords et Under One Roof doivent avoir un aspect touchant. Mais ces titres ne se décortiquent pas, et la voix légèrement trafiquée de Butterry y est bel et bien scotchée.
Le premier essai de Darkstar a définitivement quelque chose de pathétique. Chose énervante que ce gâchis, à la vue du potentiel de Young et Whalley. On ne peut qu’espérer qu’ils réorientent leurs lendemains (ou qu’ils reviennent à leur premiers amours), affliction et mièvrerie n’ayant jamais fait bon ménage.
par Manolito