Partager l'article ! Cobblestone Jazz - The Modern Deep Left Quartet: Sortie : mars 2010 Label : Wagon Repair Genre : Tech-house Note : 6 Depuis ...
Sortie : mars 2010
Label : Wagon Repair
Genre : Tech-house
Note : 6
Depuis plusieurs années, Cobblestone Jazz lâche à intervalle régulier maxis et albums dans une
veine tech-house profonde et soignée. Il n'est généralement pas question de jazz, mais plutôt d'une digne héritière de Detroit qui a su moderniser ses sons tout en gardant l'esprit industriel qui
a forgé l'esprit des précurseurs.
Pour leur nouvelle livraison, le groupe n'a pas renié ses fondamentaux et envoi donc huit titres long format où aucune place n'est laissée aux fioritures. Chaque titre est un tunnel traversé à grande vitesse dont l'éclairage régulier ne varie qu'à la marge. Les mélodies délicates côtoient un kick léger. Il n'est pas question de lente introduction, de montée ou de break, chaque titre entre directement dans le vif du sujet, clavier, beat et basse en même temps. Des tunnels vous dis-je. Pour nourrir l'auditeur, les Canadians font évoluer subtilement ses sons, varier les phrases de synthé ou déposer avec parcimonie d'étranges voix transformées, notamment sur Sun Child ou sur le plus austère et plus house Mr Polite. Ce dernier extrait constitue, avec Cromagnon Man, le petit hommage aux créateurs de la techno... un retour en arrière avec des structures plus simples et surtout des sonorités bien datés comme cette voix vocodée. Dédicace à cette horrible sonnerie électronique de téléphone !
Malgré cette description assez peu vendeuse de leur musique, cet album s'écoute avec attention, la plupart des pistes semblant d'imparables machines à danser dans la langueur d'un club moite où les corps se déhanchent au ralenti dans une quasi obscurité. La densité des titres occupe intelligemment l'espace, laissant un sentiment d'apaisement et de confort. Il n'y a que ce Cromagnon Man en milieu de disque qui fait figure de curiosité et qui fait un peu retomber l'écoute. Passé ce moment faible, cet album présente aussi des des points forts dont ce Fiesta qui pour une fois ménage le suspense dans une longue et discrète montée en puissance. Il faut aussi signaler une des rares et agréable trace de jazz, avec le clavier de Chance qui livre une improvisation apportant une tonalité plus légère.
Mis à part une ou deux baisse de tension, cet album est d'un niveau soutenu et devrait ravir les danseurs à la recherche de musique mentale envoûtante.

par Tahiti Raph