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Jeudi 13 mai 2010 4 13 /05 /Mai /2010 21:30

Sortie : mai 2010

Label : Lo Dubs

Genre : Ambient Dubstep

Note : 8/10


L’année dernière, un bonhomme du nom de Dan Richmond, surgi de nulle part, sort le très bon Clubroot, un premier album qui lui vaut un flot de comparaisons avec l’éminent Burial. Et il est vrai que Clubroot partage avec le maître un goût certain pour la confidentialité, les pages Myspace impénétrables, et forcément, le dubstep très organique et abreuvé d’ambient. Sans jamais passer par la case maxi, il poursuit avec II-MMX, un LP qui sonde la même sombre veine et qui parvient à nouveau à nous mettre dans sa poche.

Différence majeure avec Burial, Clubroot n’hésite pas à appuyer ses beats, à éclairer de pleins phares les basslines, faisant prévaloir l’électronique sur l’atmosphérique. Mais tandis que les syncopes ondulent, le champ sonore se charge avec douceur de plages mélodiques en forme de lambeaux de vapeur, bruissantes de crépitements et de modulations organiques. L’album entier baigne dans une vraie purée de pois, faites de méandres de nappes, où surnagent les lentes notes de synthétiseur. Les textures peuvent être étoffées de percussions tribales (Dust Storm), de violons languides, comme d’un parlé féminin aux accents murmurés (Sjambok). Enfin, comme le veut l’usage, la plupart des titres sont auréolés d’échos de voix, entre la plainte et le soupir, qui se fondent sans mal dans les fluides électroniques. I-MMX se parcourt en revanche sans surprise, les pistes répondant à un schéma analogue, sans que rien n’ose choquer l’oreille. Mais cette linéarité ne dessert pas véritablement l’écoute, l’homogénéité des morceaux donnant l’impression de flotter entre deux eaux troubles, pulsant au gré des basses et caressé de souffles tièdes. On divaguera donc au fil du nostalgique Running On Empty, pour ensuite apprécier le dub ferme de l’excellent Closure ou se laisser submerger par les boucles toxiques de Cherubs Cry.


Clubroot signe avec cet imprononçable album un jet d’une finesse indéniable, mêlant la langueur d’un dubstep bien deep à la subtilité des travaux d’ambient. Un soupçon d’originalité en plus, et on s’incline, subjugué.

clubroot2.jpg                           

                                                                                                                                    par Manolito

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