Partager l'article ! Chapelier Fou - 613: Sortie : mars 2010 Label : Ici D'ailleurs Genre : Abstract hip hop Note : 7 ...
Sortie : mars 2010
Label : Ici D'ailleurs
Genre : Abstract hip hop
Note : 7
Est-ce une coïncidence ? A une semaine d'écart sort le Alice aux Pays des merveilles de Tim Burton et le nouvel album du Chapelier Fou, 613. Si le producteur français (que nous avions interviewé ici) fait référence avec son pseudo à l'univers de Lewis Carroll, sa musique rappelle quant à elle
l'atmosphère du réalisateur. Après une poignée de maxis, voilà donc l'album, qui a tout de la confirmation.
Il y a quelque chose de l'ordre du fantastique chez le Chapelier Fou. Il nous propose un conte, une histoire merveilleuse dans laquelle des lapins s'échappent de son chapeau. Il y a une Alice qui
court pour échapper à la reine de coeur, des décors improbables et des personnages farfelus. Et ce violon omniprésent que le musicien manie aussi habilement en studio que sur scène. Ces cordes
qui donnent tant d'émotions différentes. Tantôt joyeuses et énergiques, tantôt mélancoliques et douces. Alice s'y raccroche pour ne pas perdre le fil de la mélodie et se réonrienter quand son
imaginaire le perd dans les méandres du pays des merveilles. Elle semble heureuse notre héroïne au milieu des notes de glockenspiel, de clavecin ou d'orgue... l'auteur de 613 maîtrisant
aussi les touches de son clavier avec habileté.
Mais comme chez Burton et Carroll, il y a un autre côté au miroir. S'il se dégage de cet album une joie enfantine et une certaine candeur dans les sonorités, il offre également une facette plus
sombre, plus mature. Le Chapelier Fou change ainsi de visage et bouscule ses schémas, fait appel à des rythmiques plus dures et démontre que même dans les contes pour les petits peut se cacher
une part obscure. Son électronica peut alors frôler une IDM plus dense. Des passages qui permettent de montrer qu'en plus du piano et du violon, le Français fait ce qu'il veut de ses machines. Et
c'est un étrange Noël que ce Monsieur Jack nous concocte alors. Une fête d'Halloween un 24 décembre bien sûr.
Entre tierseneries habiles, électronica organique inspiré et quelques virages subtils et plus noirs, ce disque ne manque pas de parfums pour appâter les enfants, mais surtout pour attendrir les
adultes avec cette note plus réaliste qui fait de ce disque une réussite.
