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Sortie : janvier 2010 / février 2010
Label : Deepstep
Genre : Dubstep, IDM
Note : 8/10
Depuis une moitié d'année, Autopilot sort un EP presque tous les mois. On pourrait se trouver un brin sceptique face à cette production de masse
seulement voilà, Autopilot est un monstre et ses sorties sont foudroyantes. En août, il avait réalisé Fireflies, un album déroutant et éminemment prometteur. A mi-chemin entre IDM et
dubstep, son EP de décembre, le terrible Biohazard m'avait laissée toute abrutie - il avait été chroniqué ici par nos soins. Dans de telles conditions, il était extrêmement doux d'attendre la
prochaine livraison mensuelle.
Le Philadelphien a ainsi lâché Soul Solstice en janvier, The Idealist en février, et dire que l'on n'a
pas été déçu serait en deçà de la réalité.
Soul Solstice remporte la palme du plus dévastateur. Assimilable au souffle d'une incroyable explosion, l'écoute de ces 4 titres à plein volume est susceptible de provoquer de sérieux
effets secondaires : enveloppe corporelle scotchée, méninges anesthésiées, sourire béat et stupide, dans un fracas jubilatoire. Autopilot porte à son comble le mariage entre le côté mélodique de
l'IDM et l'aspect lourd du dubstep, le tout saupoudré d'un glitch acide. Chaque morceau s'étend en moyenne sur une demi-douzaine de minutes, et la progression y est finement étudiée. Le titre
Soul Solstice démarre sur des boucles étrangement discordantes, qui se muent à la moitié en arpèges hypnotiques et complètement perchés. Les lignes de synthés sont en perpétuelle montée,
vrillant le plexus, sur le superbe Winter In E Minor, et percutant des basses immenses dans un éclat de machines froissées. Autopilot joue avec des notes empreintes de mélancolie qui
tombent comme des gouttes sur des parterres sombres et industriels (Until Sunrise), ou avec des boucles presque house qui ondulent au sein de nappes denses (le magnifique
Temporalysis). On peut mettre ces 4 titres sur un pied d'égalité, ils sont tous sublimes. Cet EP est sublime.

The Idealist de son côté, n'a pas la même fulgurance. Il joue dans un registre plus froid, plus âpre peut-être que Soul Solstice. Cet EP voit intervenir LeyeMeyeD à plusieurs reprises, qui auréole les titres de ses chœurs fantomatiques et de percussions syncopées. Étrangement Keep On Dancing, la
première piste, se rapproche d'une turbine dubstep des plus classiques, abusant d'effets "wobble" (ce qui produit un son un peu aquatique). Le reste par contre, verse dans une IDM plus calme et
voilée, laissant apercevoir de belles éclaircies (Aquatic). Mais le résultat n'est jamais lisse, Autopilot s'attache à encrasser la machine de cliquetis mécaniques et de froissements
inquiétants.

Devant des sorties d'une telle qualité, on peine à comprendre qu'Autopilot ne bénéficie pas encore de la visibilité qu'il mérite. Les artworks, réalisés par son pote Kochlear
sont plus inspirants les uns que les autres - on se souvient notamment de la peuplade de zombies qui ornait la pochette de Biohazard. Tous ses disques sont disponibles ici, le prix étant laissé libre, sans obligation de minimum. Il est bien sûr hautement recommandé de se jeter sur ces EP, et particulièrement sur
le divin, le céleste, le chimérique Soul Solstice.
N.B : L'album Less Talk, More Bass, figurant dans le top dubstep 2010, est un condensé des EPs Soul Solstice et Biohazard.