Partager l'article ! Art Department - The Drawing Board: Sortie : 25 avril 2011 Label : Crosstown Rebels Genre : House Note : ...
Sortie : 25 avril 2011
Label : Crosstown Rebels
Genre : House
Note : 6/10
Crosstown Rebels a décidément le nez fin ces derniers temps. Le label de Damian Lazarus, instigateur d’un renouveau house misant avant tout sur les ambiances un brin déviante, les rythmiques ralenties et les voix hautement sexuées, n’en finit plus de provoquer des bouffées de chaleur aux clubbers en mal de vices. Ne poussons pas non plus le bouchon trop loin et n’allez pas croire que la house du label est une entrée vers des clubs échangistes à peine planqués derrière une porte surplombée par un néon rouge faussement épileptique. Ici, tout n’est que simulacre et le vice reste entièrement sous contrôle afin d’éviter un dérapage incontrôlé. Crosstown Rebels est seulement un masque permettant de mieux dissimuler ses faiblesses mais aussi de susciter une certaine forme d’hédonisme tendant essentiellement vers une luxure d’apparat.
Art Department, duo formé par les Canadiens Kenny Glasgow (producteur un peu trop pantouflard depuis le début des 90’s) et Jonny White (à la carrière plus récente), vient livrer sa version house de 2011, autrement dit une deep-house dont l’unique but est de miser essentiellement sur des préliminaires infinies.The Drawing Board est un album des plus agréable, notamment si vous misez sur une écoute à deux, étendu sur un plumard.
La mise en bouche de Much Too Much s’immisce lentement dans votre esprit et les 10 minutes deviennent alors un troisième partenaire de choix. Dès lors, vous avez compris que le tour est joué et qu’il ne vous reste plus qu’à vous servir de The Drawing Board pour arriver à vos fins. Ce vicelard de Kenny Glasgow vient poser sa voix suave sur une grande partie de l’album afin de mieux vous guider. Sans surprise, on retrouve, venu prêter main forte le temps de deux morceaux, le jeune Seth Troxler (qui n’en finit plus d’errer dans les nuits berlinoises pour finir par obtenir, à 20 piges à peine, un statut semi-iconique). Et si en plus on rajoute le duo disco-house Soul Clap et Osunlade pour une partouze avec Art Department le temps d’un We Call Love, vous aurez décemment compris que cet album est réservé aux plus de 18 ans.
Parfois, un morceau plus obscur, Without You, vient vous sortir de vos ébats par le biais de sonorités cold-wave synthétiques ou alors, c’est une bombe deep-house, Tell My Why (part I), qui vient vous extasier par la force d’une répétitivité hypnotique et contagieuse. A ce moment là, c’est vos jambes qui parlent et le plaisir est presque aussi intense.
Sans être remarquable, The Drawing Board reste un sympathique album vous garantissant 75 minutes de plaisirs moites, misant sur une deep-house lancinante, n’hésitant pas à prendre son temps et refusant toute montée évidente. Il est uniquement question de préliminaires et de rythmes qui chaloupent. Art Department est un crapuleux séducteur.
par B2B