Partager l'article ! Andy Stott - Passed Me By: Sortie : Mai 2011 Label : Modern Love Genre : Dub-house mutante Note  ...
Sortie : Mai 2011
Label : Modern Love
Genre : Dub-house mutante
Note : 7/10
Passed Me By est un trou noir aspirant toute forme de matière. Vous voilà profondément attiré par ce néant. Le point de non-retour est sèchement atteint. Vous faites alors face à un magma sonore aux pulsations cardiaques étouffantes. Cette masse volubile indéchiffrable est un soleil noir autant angoissant qu’apaisant. Car la force de la musique d’Andy Stott se trouve là, dans cette impression que tout demeure fragile, que le temps s’efface pour laisser libre cours à la propagation des basses. S’en est tout simplement fascinant.
On pense alors au dubstep claustrophobique de Shackleton, au dub chirurgical de la clique d’Echocord, aux incantations chamaniques de Demdike Stare (tiens, Andy Stott est sur le même label, Modern Love). Il faut bien avouer qu’avec de telles références, Andy Stott se devait d’assurer. Et c’est globalement le cas même si l’album se révèle trop court et sans doute trop léger. On passera aussi sur les éloges de la presse autour de cet album. Oui, Passed Me By est un "bon" album... mais ça s'arrête là (il y a eu, au bas mot, une bonne trentaine de LP plus intéressant dans un registre vaguement expérimental en 2011). On aurait aimé plus de prises de risques, d’autant qu’un tel projet est justement taillé pour d’obscures audaces.
Non, parce que 7 morceaux pour 35 minutes, c’est bien trop court pour pouvoir totalement rentrer dans le trip narcotique. C’est d’autant plus frustrant qu’il n’y a rien à jeter dans cet ensemble caverneux même si je retiens principalement la focalisation sans concessions sur la rythmique de Dark Details et l’impression d’enfoncement inexorable dans les ténèbres d’Execution. Mais si je ne devais en garder qu’un, ce serait North To South avec sa lutte incessante entre une mélodie chancelante et de violentes taillades de serpe, le tout sous un maelström sonore enveloppant.
L’anglais Andy Stott reste relativement mystérieux, ne tentant pas de livrer les clés de son œuvre, laissant ainsi l’auditeur piégé par ses interrogations. Passed Me By est une entité impalpable, un objet sonore aux contours flous. Et, bien que s’inscrivant totalement dans la mouvance vaguement angoissante de nombres de productions actuelles, on se laisse prendre au jeu de cette house dubbée hypnotique qui regarde le monde en version monochrome, supprimant toute proposition d’un avenir optimiste, tout en refusant toute posture nihiliste. Vous êtes passif mais réceptif, il est uniquement question d’errance solitaire.
par B2B