Vendredi 17 avril 2009
5
17
/04
/Avr
/2009
22:58
Année : 2009
Label : Boltfish
Cheju, aka Will Bolton, est un Britannique injustement méconnu. Malgré cela, il fait son petit bout de chemin dans le monde
de l'IDM. Co-créateur du label Boltfish, il a également sorti plusieurs galettes sur des labels reconnus comme Rednetic ou U-Cover.
Ce Broken Waves, paru en janvier 2009, a mis du temps à venir à mes oreilles. Ce qui frappe chez Cheju, c'est qu'il pratique une IDM comme on en faisait au milieu des 90's en la faisant
sonner moderne. On pense rapidement au Texturology de l'illustre Beaumont Hannant, datant de 1994, ou plus récemment à Proem.
Au gré de cet album, on se sent entre ciel et terre, en apesanteur face aux lumières du monde en perpétuel mouvement, spectateur volontairement impuissant face à l'évolution des structures
émergentes. Oui, c'est un peu pompeux dit comme ça mais c'est amplement mérité. Pas radin le Cheju, l'album atteint presque les 75 min, composé de 12 titres plus trois remix (dont le sublime
Bellflowerroot de fermeture).
Tous les titres ne sont pas des indispensables mais l'ensemble est tellement cohérent qu'on est presque obligé d'envisager cet album comme un tout. Cette IDM est particulièrement planante,
renvoyant le mot aérien à l'essence même de sa signification. Les synthés utilisés sonnent pour la plupart un peu vintage (c'est décidément la mode en 2009). Des bleeps redondants, de profondes
infrabasses et un glitch discret sont la recette magique de cet orfèvre du son. Les broken beats et les textures atmosphériques s'accordent parfaitement.
Mélancolie, profondeur, volupté. Beaucoup de jolis mots pour un magnifique album. Les titres Traces, Pachinko, Pica, Object not Found, l'onirique
Blanchot, Bracken ou le plus incisif Hikari sont de véritables perles.
Malgré le titre de l'album, on souhaiterait presque que ces "vagues" ne viennent jamais finir leur course en se brisant sur le rivage.
Grand disque, définitivement.

par Ed Loxapac