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Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /Jan /2010 11:02
Alors que le nouvel album de Massive Attack, baptisé Heligoland (chroniqué ici), sort en février 2010, Chroniques électroniques a rencontré Daddy G (à droite sur la photo). Une interview publiée en deux parties (lire la 1ère partie) et dont la seconde permet d'aborder ce nouveau disque et la manière dont il a été conçu.

Pourquoi a-t-il fallu attendre six ans entre 100th Window et Heligoland, qui devait à l'origine s'appeler Weather Underground ?

Pendant ces six années, nous avons beaucoup tourné, notamment de 2004 à 2006 puis de nouveau après 2008 et la création du festival Meltdown qui nous a demandé aussi beaucoup de temps. J'ai continué à faire le DJ tandis que 3D enregistrait une bande originale de film (Danny The Dog, 2005, NDLR). Nous avons beaucoup travaillé, notamment avec l'enregistrement de différents éléments de l'album qui était prêt dès septembre 2008 dans une première version. Mais nous sommes repartis en tournée et lassés de certains titres. Un retour en studio s'imposait donc pour remettre à plat certains morceaux joués sur la tournée et en enregistrer d'autres.

Pour le titre de l'album, nous avions besoin de quelque chose vers quoi travailler, une lumière au bout du tunnel, une sortie. Weather Underground nous donnait une direction, mais nous ne l'avons pas conservé comme titre de l'album.

Comment choisissez-vous les artistes avec lesquels vous collaborez ?

Au fur et à mesure des années, nous avons été chanceux. Avec Blue Line et Protection, de nombreux artistes se sont produits à nos côtés, notamment les nombreux chanteurs qui nous ont accompagnés en sound system. Massive Attack n'a jamais voulu être un groupe dont les membres ont leur photo sur la pochette.

Il y a de nombreux artistes avec lesquels nous souhaitions travailler qui sont sur HeligolandHorace Andy ou Damon Albarn qui sont des bons amis, cela vaut aussi pour Tunde Adebimpe (chanteur de TV On The Radio, NDLR) avec qui nous avions déjà collaboré. Nous aimons aussi beaucoup Hope Sandoval et pour Martina Topley Bird, qui est aussi de Bristol, cela faisait un moment qu'on voulait enregistrer ensemble et nous avons eu cette fois la force de lui proposer.

 

MassiveAttack2.jpg

Vous avez aussi enregistré avec Mike Patton ?
Nous avons beaucoup de morceaux que nous gardons en stock. Trois ou quatre morceaux ont été enregistrés avec Mike Patton. Ils sont presque terminés mais, pour des raisons d'emploi du temps, pas assez pour être publiés.

Pourquoi ces titres, ou Dobro et United Snakes joués en concert, ne figurent pas sur l'album ?

Le choix des titres est le nôtre, en fonction de notre jugement, mais c'est peut-être le mauvais. Un album est avant tout un album car nous le décidons. Mais à l'époque d'Internet et des playlists, chacun peut faire son choix de titres. Un CD ne fait que 70 min, mais ce n'est que le début. Les artistes doivent donner plus, car les gens n'achètent plus de disques. Avant on allait dans les magasins, on touchait les disques, on les sentait. Aujourd'hui, il faut travailler le packaging, l'artwork ou offrir des titres en téléchargement. Peut-être que certains de nos morceaux seront disponibles sur Internet ou sur un prochain album.

Sur Live With Me avec Terry Callier, il y avait plus d'instruments et une plus forte présence de l'orchestration. L'utilisation d'instruments et une production moins chargée que sur 100th Window ont-elles guidé la création d'Heligoland ?

Nous avons cherché à faire quelque chose de plus immédiat, de plus simple que sur l'album précédent. 100th Window est très froid, reflet de la manière dont il été produit et l'environnement qui n'était pas facile. Mushroom était déjà parti, je m'étais absenté. 3D était donc seul. L'atmosphère n'était pas très chaude autour de lui. Ce disque n'attirait pas vraiment vers lui. Sur Heligoland, nous nous sommes retrouvés avec 3D et l'ambiance était plus conviviale. Tous les morceaux ont leur identité propre, il y a plus de chansons qui peuvent facilement vous submerger. Nous voulions redonner de la chaleur avec la présence des orchestrations, mais pas sur tous les titres, certains restant assez sombres.

propos recueillis par Ed Loxapac et Tahiti Raph

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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /Déc /2009 18:27
Alors que le nouvel album de Massive Attack, baptisé Heligoland (chroniqué ici), sort en février 2010, Chroniques électroniques a rencontré Daddy G (à droite sur la photo). Une interview publiée en deux parties et dont la première permet de revenir sur l'histoire du groupe, sa discographie... et de parler identité nationale !

Quand et comment s'est passée la rencontre avec 3D ?

En 1977-78, nous participions à la scène punk de Bristol avec des gens comme Nelly Hooper ou DJ Milo et d'autres amis dont 3D. Nous étions des jeunes gens fans de musique et qui prenions du bon temps. Nous avons créé à cette époque notre sound system, Wild Bunch Project, qui nous permettait de faire des mélanges des nombreux genres musicaux existants à l'époque en Angleterre : soul, punk, new-wave, reggae, etc. C'était très excitant car c'était multiracial et multi-influences. Les disques que l'on jouait alors sont la première influence de Massive Attack. Nous avons baigné dans une culture qui mélangeait les beats ensemble. A Bristol, il a toujours été question de "bassline", notamment avec la musique des Caraïbes et l'influence du dub. Le hip-hop est arrivé en 1983 et nous a beaucoup influencé. C'est le premier style qui nous a unis en tant que DJ. Une musique incroyable avec de nombreux éléments qui gravitent autour comme le breakdance ou le graffiti. Le hip-hop nous a donné notre première "arme" en tant que musicien : le sampler. Neneh Cherry a découvert notre sound system à ce moment là et nous a ouvert les portes des studios pour enregistrer nos premiers disques.


Quand on regarde la discographie de Massive Attack, on peut remarquer deux cycles : le premier, plus soul, avec Blue Lines et Protection, le second, plus rock, avec Mezzanine et 100th Window, très frozen wave. Heligoland est-il le début d'une nouvelle ère pour Massive Attack ?

Quand on regarde, il y a effectivement des cycles, et notre public a d'abord augmenté puis baissé au fur et à mesure de ces cycles. Au début, nous n'utilisions que des samplers, ils n'avaient pas beaucoup de mémoire, nous étions donc limités pour nos premiers disques, et notre musique n'était pas très évoluée. Blue Lines et Protection sont des albums de studio conçus avec des idées de DJ. C'était tout ce que l'on pouvait faire avec des samplers.

 

Quand nous avons commencé à tourner, nous sommes devenus un groupe et notre vision a changé, notamment car nous pouvions voir la réaction du public par rapport à notre musique. Nous avons alors élaboré nos albums avec l'idée qu'ils soient joués en concert. Nous avons alors introduit plus d'instruments. A la platine et aux samples se sont ajoutées la basse, puis les percussions de Talvin Singh, la guitare, etc. apportant aussi une puissance sur scène. D'autres influences sont venues ensuite nourrir nos expérimentations.

Pour résumer, les deux premiers albums étaient influencés par la scène punk avec des incursions funky, reggae, etc. Mezzanine est plus new wave, 100th Window... je ne sais pas ce que c'est !
MassiveAttack.jpg
Pouvez-vous nous expliquer le concept des messages qui passent sur des écrans durant vos concerts ?

Nous ne voulons pas mettre la politique dans la tête des gens, mais nous voulons qu'ils soient au courant, car il se passe beaucoup de choses dans le monde et ils ne peuvent pas tout remarquer. Les hommes politiques nous la mettent parfois bien profond. Massive Attack est très impliqué politiquement, il y a différentes causes qui nous tiennent à cœur, notamment la Hoping Foundation (Association d'aide aux Palestiniens, NDLR). Pour ces raisons, dans toutes les villes où nous allons, nous rencontrons des étudiants en journalisme et nous les interrogeons sur l'actualité. Nous passons ensuite ces informations sur les écrans pendant les concerts. Notre public est surpris par ces messages dont il n'avait pas toujours connaissance.

Quelle image avez-vous de la France au niveau politique ?

J'ai entendu parler du débat sur l'identité nationale la dernière fois que nous sommes passés en France. C'est un débat très actuel sur qui est représenté par un drapeau. Est-ce que cela signifie être français d'origine ? Etre arrivé en France dans les années 1950 ? Qui fait partie de ce drapeau ? Cela signifie quelque chose, notamment pour les pays colonisateurs pour qui il était normal au siècle dernier d'aller en Afrique et aux Caraïbes et décider qu'ils étaient chez eux, tuant ensuite les indigènes. Mais ces colonies ne sont pas la France, c'est l'Afrique. Les Américains ont aussi fait la même chose avec les Indiens à qui appartenait le pays à l'origine.

Ce n'est pas la même chose pour une personne qui vient dans notre pays et qui se bat pour survivre. Il vient en se foutant du drapeau. Pour un pays comme la France, le fait de coloniser un pays revient à s'approprier les terres, mais aussi les habitants. Mais si vous ne les autorisez pas à venir dans votre pays pour partager vos richesses, vous ne devriez pas exploiter ce pays.

N'est-ce pas pénible que les journalistes continuent de vous coller l'étiquette trip-hop, qui semble bien trop étriquée pour Massive Attack ?

Nous comprenons ce qu'est le trip-hop, qui à l'origine fut créée par James Lavelle. Cela permet aux gens de trouver les disques dans les magasins. Mais nous combattons le fait que cette étiquette nous soit collée. Massive Attack est mis dans une boîte qui nous emprisonne. Nous faisons une musique plus large que le trip-hop, mais c'est un nom qui décrit bien ce que nous faisions à l'origine : une musique à base de hip-hop mais qui va plus loin que cela.

(à suivre...)

propos recueillis par Ed Loxapac et Tahiti Raph

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Vendredi 13 novembre 2009 5 13 /11 /Nov /2009 18:28
Un producteur français qui a brillé autant dans le rap que dans la musique électronique, DJ par dessus le tout, il n'y en a pas des tonnes. On en a interviewé un des rares, DJ Mehdi, à l'occasion de la sortie de son album de remix, Red, Black & Blue, qui permet de découvrir des titres passés ou présents du bonhomme dans des styles assez variés.

Commençons pas le commencement, peux-tu nous raconter tes premières expériences de producteur ?
Aussi loin que j'ai eu l'envie ou l'ambition de faire de la musique, ou même d'être simplement DJ, ça a toujours été pour faire du rap. Pour le dire autrement, le rap est antérieur à mon désir d'être musicien. J'ai d'abord voulu danser, puis taguer, puis rapper, puis beat-boxer. J'étais dans le hip-hop, ensuite je suis devenu DJ, puis compositeur, etc...

Quels souvenirs as-tu de cette période quand la Mafia K'1fry n'était pas encore très connue ?
D'excellents souvenirs. On était tous très jeunes, je connais par exemple Kery, Rohff et le 113 depuis que j'ai 15 ans. J'en ai 32 aujourd'hui. On apprenait la musique en même temps que la vie. On était tout le temps ensemble.

Il y a eu ensuite le succès, surtout avec le 113, et puis les premières tentatives plus électro, comment as-tu glissé du rap à l'électro ?
En 1996, après le premier album d'Idéal J, j'ai eu un coup de fil de MC Solaar. Il m'a demandé de venir à son studio, de lui faire écouter des instrus, de participer à la production de son 3e album. C'est là que j'ai rencontré Zdar et Boombass de Cassius - à l'époque Motorbass et La Funk Mob. Ils m'ont fait écouter leurs disques, puis emmené avec eux en tournée, mixer en Angleterre et aux USA. Sur une date à New-York, en 1998, j'ai rencontré Pedro (Winter aka Busy P, NDLR) et les Daft Punk. De fil en aiguille, Pedro et moi nous sommes rapprochés. Pour résumer, tout fut une affaire de rencontres.

Le premier album, les maxis sur la label Espionnage, comment se sont passés ces débuts solo ?
D'abord, il faut rappeler que je n'était jamais vraiment solo au début d'Espionnage. Il y avait toujours Manu Key avec moi, que ce soit derrière le sampler ou chez le banquier. L'idée du label, c'était vraiment tous les deux. D'ailleurs, les premiers maxis du label, Rohff, Rocé, 113, Karlito, sont tous des projets menés en duo. Manu Key est complètement central dans la naissance d'Espionnage. De même, l'équipe de Chronowax, notre distributeur à l'époque, et de 360 Design, notre graphiste/marketing, faisaient intégralement partie de l'équipe. Ensuite, l'idée de faire de la musique instrumentale, seul, était déjà présente dans les premiers albums d'Idéal J et de 113, où de longs interludes musicaux ponctuaient toujours les disques. 

Et puis tu as trouvé une sorte de nouvelle famille avec Ed Banger...
Tout ça fut très progressif. Comme je te l'ai dit, je connais Pedro depuis plus de dix ans. Il y a eu plusieurs étapes avant d'arriver à l'Ed Banger : d'abord il y avait "la bande des Daft", puis Headbangers Entertainment, avec Cassius, Cosmo Vitelli et Thomas Winter&Bogue. Enfin, le label Ed Rec, avec So-Me, Mr Flash et Justice d'abord en 2003, puis dans un deuxième temps Sebastian, Uffie, Feadz et Mr Oizo, vers 2006. On pourrait également ajouter Kavinsky, et les Institubes avec Surkin et Para One notamment, tout ça donnant naissance à une scène assez homogène, et très unie. Quelques bons maxis, quelques belles fêtes - en Angleterre surtout -, et une bonne émulation générale.

Te sens-tu un peu à part, par ta musique ou ton "ancienneté", par rapport aux autres groupes du label ?
Non, pas du tout. Chacun, dans le label, a une personnalité et un son propres. Il n'y a guère que Sebastian et Justice que tu aurais pu rapprocher excessivement en 2006/2007, mais ça n'est plus le cas aujourd'hui. Pedro a toujours veillé à ce que l'équipe reflète ses goûts musicaux : éclectiques et divers.

Tu viens de sortir un album de tes remixs, dont certains datent pas mal, pourquoi ce choix de l'album de remix et comment les as-tu choisi ?
Je me suis beaucoup posé la question, s'il fallait se servir de cette compil' pour "raconter mon histoire", en y incluant des choses anciennes, ou bien "ré-écrire mon histoire" en me concentrant sur les morceaux récents. J'ai choisi la première option, qui a aussi accouché du titre Red Black And Blue, comme trois périodes de ma vie de remixeur. Les titres anciens sont plus simples, plus dépouillés, plus rap aussi. C'est comme ça que j'ai commencé, c'est comme un petit témoignage. Enfin, parmi ceux que je voulais vraiment inclure, il y a eu plusieurs déceptions liées aux maisons de disques impliquées. Certaines major, Universal notamment, n'ont pas souhaité me laisser ré-utiliser des remixs que j'avais réalisé pour eux. Busta Rhymes par exemple, Ghostface Killa ou Akenaton. Pour ça, j'ai fait un autre disque, gratuit celui-là, qui s'appelle Black Black And Black, et qui reprend tous les tracks interdits. Il est en téléchargement gratuit sur mon site.

Tu as remixé des artistes très différents, et plus ou moins connus, comment choisis-tu ou es-tu choisi ? Quelle est ta recette pour remixer un titre ?
Il n'y a aucune règle. La seule constante pour moi, c'est m'amuser. Je choisis au feeling, des artistes que je connais ou pas, pour des labels cool ou des majors, gratuitement - souvent - ou pour beaucoup d'argent - parfois. Le truc le plus important reste pour moi la rythmique. beat/basse, c'est ce à quoi je m'attaque en premier.

On sent une certaine continuité dans ces remixs, comment définirais-tu ton style, ta patte que l'on retrouve souvent ?
J'ai beaucoup de mal à porter des appréciations sur ma propre musique, je préfère laisser ça à chacun, public ou journalistes. La musique a pas mal changé depuis 1999, l'industrie aussi, le matériel et les possibilités également. J'essaie de me tenir à ma ligne, là où me mènent mes mains et mes oreilles.

Quels sont tes projets musicaux et tes envies ?
Beatmaking and having fun.

Quels sont les groupes de rap et les artistes de musique électronique qui ne quittent pas ta platine en ce moment ?
Drake et Siriusmo, artistes de l'année.

Propos recueillis par Tahiti Raph
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Mercredi 2 septembre 2009 3 02 /09 /Sep /2009 22:01
Alors que Fluorescent Black doit sortir le 29 septembre (chronique ici), nous avons rencontré Anti-Pop Consortium pour parler de leur 4e album, qui s'inscrit dans la veine des trois premiers sortis entre 2000 et 2002. Beans (à droite sur la photo) et High Priest (à gauche donc), deux des trois MC du groupe new-yorkais, défendent avec calme cette nouvelle production et annonce déjà l'enregistrement de la suite... après leur tournée américaine et européenne prévue pour cette fin 2009.

Qu'avez-vous fait ces sept dernières années, entre la sortie d'Arrythmia et celle de Fluorescent Black ?
Beans (surpris) : Ca fait sept ans, c'est fou ! Pendant cette période, nous avons travaillé chacun de notre côté. Nous avons aussi vécu différents événements personnels et maintenant nous revoilà ! Nous avons continué à nous voir, mais nous n'avons pas fait de musique ensemble jusqu'à il y a deux ans. Nous avons alors recommencé à tourner ensemble et à enregistrer le nouvel album.

Avez-vous changé personnellement et dans votre manière de travailler depuis les premiers albums ?

Beans : Nous sommes devenus des personnes différentes, plus matûres. Nous avons plus d'expérience et nous avons donc évolué d'un point de vue créatif. Notre vie personnelle a bien entendue affectée notre musique.
High Priest : Il y a aussi une grosse différence au niveau de l'écriture. Avant nous adaptions de la poésie pour en faire des morceaux. Aujourd'hui nous écrivons plus de véritables chansons. Et ce sera encore le cas dans le prochain album que nous envisageons de sortir au début de l'année 2010.

Comment fonctionne Anti-Pop au niveau des productions, quelles sont vos influences ?
High Priest : Earl Blaize est notre ingénieur du son et notre producteur. Même si les autres membres produisent aussi des instrumentaux, la majorité de Fluorescent Black a été composée par lui. Ses influences sont Herbie Hancock, Stevie Wonder, mais aussi la musique concrète ou les bandes originales de films de science fiction.

Comment construisez-vous vos titres ?
High Priest : Nous faisons d'abord la musique. Chacun apporte une série de beats à Blaize et nous voyons ceux qui nous font réagir le plus. Nous choisissons ensuite dans quel ordre nous allons intervenir puis nous faisons les arrangements.
Beans : Blaize nous donne des indications à chacun pour nous expliquer comment chacun doit poser sa voix. Pour cet album, nous avions quatre ou cinq chansons au départ qui ont donné la dynamique pour les autres morceaux. Elles ont servi de base. Et tous les titres ont été testés sur scène ces deux dernières années. Nous ne jouions parfois que deux anciens titres.

Il y a un titre un peu à part sur le disque : Timpani avec un instrumental assez tribal et une fin de morceau complètement dansante... comment est né ce titre ?

Beans : Nous devons ce titre à M. Sayyid (le 3e MC de Anti-Pop, NDLR) qui a d'abord composé la première partie. La seconde a été faite dans notre studio, puis les deux ont été rassemblées avec quelques arrangements.
Quand j'ai entendu ce titre, j'ai tout de suite annoncé que je ne poserai que sur le refrain...

Comment vous situez-vous sur la scène rap américaine, de quels artistes vous sentez-vous proche ?
Beans : M. Sayyid dirait que nou sommes une alternative à la scène rap américaine. Je nous vois plus comme une option. Nous aimons des artistes comme Gaslamp Killer, Flying Lotus, Edan ou bien sur Public Enemy.

propos recueillis par Tahiti Raph
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Mercredi 15 juillet 2009 3 15 /07 /Juil /2009 10:59

Après l'avoir vu à La Maroquinerie et avant de l'apprécier à nouveau aux Eurockéennes, nous avons contacté Chapelier Fou pour en savoir plus sur son parcours, l'origine de cette douce musique qu'il produit et les secrets de son live. Le Metzin, qui tourne actuellement pour présenter son LP Darling, Darling, Darling... sorti chez Ici D'Ailleurs en mai, vous dit tout (ou presque) sur son futur album, suer au violon et son organisation en concert. 



Peux-tu tout d'abord résumer ton parcours musical, comment tu t'es mis à la musique, quels artistes t'y ont poussé ?

J’ai eu au départ une formation classique, en commençant par le violon, au conservatoire de Metz, puis quelques années de clavecin, plus tard. J’ai arrêté vers 16 ans, mais j’y suis vite revenu pour terminer mes études en formation musicale, analyse, et je suis aussi passé par un peu d’écriture et de composition.

J’ai également fait quelques années de fac de musicologie, qui m’auront ouvert à d’autres musiques, contemporaine notamment, et qui m’ont laissé pas mal de temps à moi.

Enfin, j’ai passé mon diplôme d’état de prof de formation musicale.

Pour ce qui est de la musique électronique, j’y suis venu vers l’âge de 15 ans, par le sampling. Je décortiquai alors toute le discothèque de mon père (classique, jazz, musiques du monde, etc.) pour en extraire des tous petits bouts que j’organisais dans fruityloops, une sorte de sampler/boite a rythme logiciel. A l’époque, j’étais assez influencé par ce qui se faisait chez Ninja Tune - Amon Tobin, The Herbaliser, Bonobo, Kid Koala, etc. - et Warp - AFX, Plaid.



Tu viens de sortir un nouveau EP, quel est sa couleur, son esprit ?

Cet EP est en fait un fragment d’un album que j’ai réalisé il y a quelques temps et qui n’a jamais été commercialisé. A vrai dire, je l’ai vendu moi-même par correspondance grâce aux concerts et à internet. Mais c’est resté limité, peut-être 200 exemplaires ?

Les morceaux de cet EP sont très représentatifs de ma musique en général. Même sur six titres, ça part un peu dans toutes les directions. Il y a du violon, de la mandoline, des petits objets samplés et rejoués, des claviers, etc. Enfin bref, c’est le bordel et j’aime ça. J’aime bien concevoir un morceau comme une petite "étude" au sens musical du terme. Darling… explore l’utilisation du violon comme une espèce de machine à riffs, et travaille aussi sur la voix humaine, sa décontextualisation et son harmonisation. Trèfle est une étude sur les microboucles, car tous les accords du début sont réalisés à partir d’un sample d’un instrument à cordes africain dont l’attaque est mise en boucle. GmbH a été conçu avec un jouet musical à lamelles métalliques. Superstitions est une sorte de dance extraterrestre truffée de samples et de synthés et de sons de Nintendo, alors que je l’ai composé dans le Jura, en plein dans la montagne. Bizarre…



Comment as-tu travaillé sur ce disque ?

Tout est fait dans ma chambre, de l’enregistrement au mastering. Tout sauf la pochette, qui vient de mon colloc’, la chambre d’en face.

J’ai enregistré pas mal de trucs quand il faisait super chaud. J’aime me foutre en caleçon quand il fait 40°, et suer sur ma 20e prise de violon.


A la Maroquinerie, tu dégageais une grande maîtrise de tes instruments et de tes machines, comment abordes-tu le live ?

La problématique du live est essentielle pour moi. J’essaye de créer une manière de fonctionner qui me soit propre et qui soit évidente, affichée, mise à nue, avec pour ligne de conduite la volonté d’en faire le maximum, de prendre des risques, de laisser une part à l’imprévu.

Ceci a débouché sur plusieurs principes, voire dogmes : jouer un maximum d’instruments live : claviers, violon, guitares, mandolines ; boucler live tous ces instruments pour construire des orchestrations plus ou moins fournies ; pour les parties programmées, tout déclencher à la main. Je me refuse à utiliser une structure préprogrammée, une timeline définie, qui enferme le morceau dans un carcan rigide. A cet effet, j’utilise un monome qui me sert à déclencher et stopper des séquences et boucles, et qui me donne aussi des infos sur ce qui se passe ; Utiliser l’aléatoire pour créer des variations autonomes.

Sinon, je ne dirais pas que j’ai une grande maîtrise de mes instruments. Je suis même assez médiocre dans tout ce que je joue. La performance réside surtout dans le fait de tout faire en même temps, ce qui nécessite un travail monstre de répétitions ainsi qu’une concentration extrême sur scène. Je suis constamment en train de penser à ce que je vais faire dans les secondes qui suivent.


Comment se sont passés les dernières dates et à quoi t'attends-tu pour les quelques festivals à ton programme ?

Bien. Mais je ne suis pas fan des festivals et des gros machins. Pour moi c’est un peu la foire à la musique, c’est super fatigant. Je ne comprends pas vraiment pourquoi le public aime ça.



Quels sont tes projets acuels ?

Actuellement, et comme toujours, j’ai plein de trucs sur le feu. Le gros morceau, c’est mon album, qui est à peu près terminé. En ce moment, je mixe, j’agence, et j’enregistre encore quelques trucs.

Sinon, je bosse sur des remixs du prochain album de Tiersen, et je viens de finir un titre pour le disque This Immortal Coil qui sort en octobre.

Il est aussi question que je bosse avec Matt Elliott pour les lives de Third Eye Foundation, j’espère que ça se fera, car Matt a une idée du live qui me branche bien.

On vient aussi de me proposer de faire la BO d’un premier film.

Enfin, j’ai pas mal de concerts de prévus pour la rentrée, donc ça représente beaucoup de boulot et d’organisation.


par Tahiti Raph

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Mercredi 27 mai 2009 3 27 /05 /Mai /2009 11:57

Du 8 au 11 août 2009, la terrasse du Palais des festivals de Cannes accueillera le charmant festival Pantiero qui propose depuis quelques années une programmation de qualité entre rock, rap et électro. Nous avons profité des Nuits sonores pour échanger sur la prochaine édition avec son programmateur, Jean-Marie Sevain.

 

A quel point en est la programmation et quel visage aura-t-elle cette année ?

Les artistes de la terrasse sont tous bouclés, mais nous avons quelques difficultés pour les after. Cette année, mon postulat de départ a été d'avoir plus de rock, au sens large, que d'habitude. Chaque année, j'essaie sans succès de faire une grosse soirée rock. Lors de la prochaine édition, il y en aura donc deux. Je suis notamment très heureux d'accueillir The Chap, Fujiya & Miyagi ou Ebony Bones. Depuis quelques années je voudrais avoir Phoenix, mais ils seront au Japon au moment de Pantiero...

 

Il y aura donc moins d'électro cette année ?

Il y a moins de groupes qui me bottaient cette année. Je suis toutefois content de programmer Mr Oizo car il suscite une grosse attente et se sera sa seule date en France cet été. Je suis aussi très satisfait qu'Arnaud Rebotini vienne. La dernière soirée sera plus rap.

Comment prépares-tu ta programmation ?

J'écoute beaucoup de son, notamment sur Internet. Quand j'aime, je commande. Je me déplace aussi pas mal en concert pour voir les groupes repérés. Mais il m'est arrivé de booker des groupes que je n'avais pas vu sur scène... après tout de même m'être rencardé !
Je raisonne beaucoup en terme de plateau pour choisir les artistes, avec un côté thématique. Il y a vraiment un style Pantiero, que je souhaiterais d'ailleurs faire évoluer. J'ai d'autres envies qui ne seront pas toujours faciles à mettre en œuvre. J'aimerais par exemple faire venir Omar Souleyman, un chanteur Syrien génial qui fait une pop complètement psychéé.

Propos recueillis par Tahiti Raph et B2B

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