Année : 2009
Label : Fabric
Genre : House
Note : 7/10
Omar S n'a peur de rien, la preuve avec ce nouveau mix pour la fameuse série Fabric. LA boite anglaise a en effet commandé un mix au DJ. Et que répond le petit Omar : "pourquoi pas, mais je ne veux mettre que mes morceaux". Il vaut mieux en avoir dans le
pantalon pour se permettre autant d'assurance.
Mais d'ailleurs, c'est qui cet Omar S ? Un mec de l'ombre, un DJ qui ne sort que des bombes deep-house-minimal autoproduites depuis quelques années. On le voit peu, il daigne rarement sortir de
son antre de Detroit. Et voilà, le mot est lâché : Detroit. Les pupilles se réveillent, les souvenirs remontent à la surface.
C'est donc parti pour 16 titres dans un pur esprit old-house from Detroit mais avec une petite touche actuelle permettant de capter l'auditeur néophyte. Ainsi, Strider's World déroule
ses basses sur une nappe très Carpenter avec des sonorités sorties d'une gameboy. On retrouve aussi un rythme de plus en plus martial sur Crusin Conant, le genre de
morceau idéal pour redonner de l'énergie aux danseurs. Mais c'est surtout l'esprit de Moodymann qui hante nombre de titres comme le Psychotic Photosynthesis ou
Day. Mais Omar S n'est pas dupe, il sait pertinemment que la fête est finie, que l'esprit soul de la house s'effiloche avec le temps. U apparaît comme un polaroid de la house
actuelle, la rythmique étant anesthésiée par cette voix mélancolique.
Le Fabric d'Omar S n'est pas un chef d'oeuvre, il se fait même un peu redondant par moment, mais il permet de remettre un pied dans ce qui fut pendant longtemps le haut lieu de la
techno.


Année : 2009
Label : Autres Directions in music
Paru en janvier, j'avais mis cet album de côté pour l'apprécier à sa juste valeur dans un contexte approprié.
Vous allez comprendre, ou pas.
Color Cassette livre ici un disque qui fera voyager tout auditeur n'ayant pas enfoui sa dernière once d'émotion.
Une folktronica aux mélodies enfantines et mélancoliques, avec juste ce qu'il faut de glitch pour ne pas sombrer dans une pop standard.
Qui dit folk dit guitares, celles présentes sur cet opus sont du meilleur goût.
La voix, bien qu'un peu larmoyante, n'en est pas désagréable ni ennuyeuse pour autant.
On sent une grande maîtrise, une sensibilité à fleur de peau et d'une grande créativité.
On peut comparer certains titres aux premiers travaux de Psapp ou encore à certaines textures épurées chères à Helios.
En bref, voici l'album parfait pour moisir en toute quiétude un lendemain de soirée acide.
Mais on peut également écouter ça le soir venu, les yeux fermés en se disant que certaines sorties hivernales peuvent encore réchauffer les coeurs les plus glacés.
Hautement recommandé.


par B2B
par Ed
Loxapac

par Ed Loxapac
Année : 2009
Label : Bpitch control
Genre : Electro-dub-techno
Note : 6/10
Un supergroupe à se mettre sous la dent, ça fait saliver d’avance d’autant plus quand il s’agit d’electro berlinoise. Bpitch control nous largue donc un projet commun entre Modeselektor et Apparat : Moderat. Sur le papier, ça laisse envisager un album prometteur. Il faut dire que le duo Modelesktor écume les scènes depuis quatre ans en retournant à chaque fois un public plus nombreux grâce un son electro percutant pendant qu’Apparat se fait plus sombre, plus progressif (et il faut l’avouer, plus intéressant).
Ne tergiversons pas : Moderat est un album sans intérêt. Pourtant, tout part bien avec l’intro de A New Error qui permet de retrouver l’ambiance urbaine crasseuse de Modeselektor accouplée aux montées sans fin d’Apparat. Mais ça ne prend pas, ça se traîne, ça se répète. C’est bien simple, on a l’impression d’écouter 11 fois le même titre. Il n’y a aucune recherche, aucune âme. Chaque morceau déroule le même schéma : une montée répétitive, plombante. Pourtant, on s’imaginerait bien déambuler dans un Berlin nocturne apocalyptique mais le côté keupon, ça va deux minutes.
La symbiose entre les deux groupes a beau être évidente, cet album tombe dans la facilité. C’est sans doute un album trop contextuel, qui sent la crise dans le fond et la forme. C’est dommage mais pourtant, un petit quelque chose me laisse à penser que les prestations live de Moderat seront d’un autre acabit et arriveront à dépasser les fondations de l’édifice.
par B2B

Année : 2009
Label : Gigantic Music
Genre : Electro-pop
Note : 7/10
2007 fut l’année Klaxons, 2008 l’année MGMT. C’est ainsi, chaque cycle annuel voit débouler un groupe indie dont le son est propice à enflammer la presse (au
hasard : Les Inrocks et Technikart) et par ricochet une ribambelle de branchés. A ce jeu là, 2009 risque fort d’être l’année Harlem Shakes. Pourquoi ?
Voilà encore un énième groupe de rock issu de la Big Apple et dont la pose de branleur est l’argument le plus vendeur ? Pour une fois, vous faites fausse route car Harlem Shakes c’est la pochette surprise la plus réjouissante de cet hiver merdique, un bonbon acidulé qui vous pète dans la bouche. En dix titres, ce groupe va vous coller le sourire pour le reste de la saison.
Dès le morceau d’ouverture, Nothing But Change Part.2, on est saisi par l’efficacité pop de l’entreprise. La voix du chanteur, calquée sur celle du gazier de Clap Your Hands Say Yeah!, vous emmène dans un mille-feuilles bien plus complexe qu’une vulgaire première écoute pourrait laisser paraître. Chaque titre est un brillant copier-coller de tout ce que la musique pop a engendré ces dernières années : l’afro-pop, l’electro-pop… tout y passe à la moulinette avec brio. C’est bien simple, aucun morceau n’est à jeter, les refrains sont d’une efficacité redoutable ; Sunlight faisant figure de single imparable pour l’été prochain pendant que Natural Man ou Unhurried Hearts (Passaic Pastoral) sortent du lot. Le groupe a parfaitement digéré les codes de la musique pop et nous livre un album sans faute de goût.
Alors, on parie ? Harlem Shakes groupe hype de 2009 ?
par Tahiti Raph
Année : 2009
Label : New deal
Le "DJ Shadow français" est de retour ! Doctor Flake nous revient avec un troisième album toujours aussi abstract hip hop et cinématique. "DJ
Shadow français", abstract hip hop... cette chronique s'annonce pleine de clichés et d'étiquettes en carton !
Le discret producteur livre neuf titres chargés de la mélancolie qui caractérise les ambiances poisseuses auxquelles il nous a habitué. Les mélodies sont tendues et les beats pesants. Jusqu'ici
tout va bien.
Comme d'habitude ? Et bien non ! Car le docteur a convoqué quelques amis chanteurs qui viennent agréablement agrémenter le disque. Le groupe de rock Vale Poher squatte notamment quatre titres au micro ou à la guitare tranquillement saturée.
Le risque avec le chant, c'est de verser dans une pop un peu facile. Ce qui arrive avec Melting Feelings... sans doute le moment le plus joyeux du disque mais aussi le plus pénible.
Heureusement, le Français se reprend vite et bien ! Instrumental ou rap sur Hip Hop Tourist, l'auditeur avide de sons lourds s'y retrouvera. Le disque ne joue pas les prolongations en
s'achevant sur le sombre Loveless (un hommage à My Bloody Valentine ?), pour en avoir plus, il faudra se bouger en concert !
par Tahiti Raph